Arrestation et libération du  journaliste Sosthène Kambidi en RDC : La montagne de la justice militaire accouche d’une souris

Arrestation et libération du  journaliste Sosthène Kambidi en RDC : La montagne de la justice militaire accouche d’une souris

Son arrestation en lien avec l’affaire de l’assassinat en mars 2017, des deux experts de l’ONU avait surpris plus d’un et suscité l’incompréhension au sein de l’opinion. Depuis hier mardi 12 octobre 2021, le journaliste Sosthène Kambidi bénéficie d’une liberté provisoire après trois semaines de détention. Lui qui aux côtés de Sonia Rolley, journaliste de RFI, enquêtait sur l’assassinat de Zaida Catalan et Michael Sharp dans la région du Kasaï en 2017, avait été interpellé pour «terrorisme, association de malfaiteurs, insurrection» dans cette affaire confiée à la justice militaire. Même si on peut aisément imaginer que ce journaliste n’est pas encore au bout de ces peines, il était clair que les chefs d’inculpation qui lui ont été présentés relevaient plus du complot.

L’incompréhension et l’indignation qui avaient suivi son arrestation n’étaient pas le fait du hasard. A travers ses sorties de terrain et recherches sur cette sombre affaire, il est évident que Sosthène Kambidi troublait le sommeil de certains dignitaires qui ont alors entrepris de le «faire taire» du moins de l’y contraindre. Cette fois au moins, et il faut s’en féliciter, ce n’est pas «la solution finale» qui a été employée, mais une arrestation et des charges «bidons». Visiblement, l’homme dérangeait et il fallait trouver une raison pour jeter le discrédit sur lui et ses actions en faveur de la justice. Sinon, comment comprendre qu’un des hommes qui s’étaient les plus impliqués dans cette enquête et qui avaient présenté des enregistrements accablants pour «aider» à l’avancement de l’instruction soit remercié en monnaie de singe. Il s’agit tout simplement d’un acte de fourvoiement de la justice militaire congolaise qui semble vouloir se détourner de la voie de la vérité. On croyait ces pratiques révolues dans ce Congo post-Kabila, mais force est de reconnaître que les vieilles habitudes ont la peau dure. La rupture tant voulue ne sera donc pas pour demain. Aujourd’hui, même s’il convient de saluer cette libération, il convient de rappeler que le cas Sosthène Kambidi pourrait négativement «impacter» les prochains appels à témoin lancés par la justice dans ces nombreux dossiers qui ornent les tiroirs des parquets. Et il n’est pas exclu que sa malheureuse expérience dissuade d’autres témoins capitaux dans d’autres affaires pendantes.

 Davy Richard SEKONE

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