Sidya Touré, l’ex-Premier ministre de Guinée et président de l’Union des Forces Républicaines ,( UFR) est décédé à Paris ce 25 septembre 2026.
Au quartier Minière de Conakry où il logeait dans une villa forcément cossue, (rasée depuis quelques années) Sidya Touré recevait toute urbanité un peu affable le regard souvent interrogateur, le visiteur devinait au fil de la conversation que l’homme était éternellement non seulement un grand commis de l’État, mais aussi une personnalité politique dont le pedigree en impose. Employé d’abord au ministère du Commerce en Côte d’Ivoire, où il vit le jour le 15 août 1945 à Dimbokro, l’ancien passionnaire de l’École nationale du Trésor de Paris était déjà dans le costume du technocrate pur jeu. Mais le virus de la politique l’a piqué aussi très tôt, puisque déjà il fut le directeur de cabinet d’un certain…. Alassane Ouattara alors premier ministre de 1990 à 1993 et fonda l’UFR en 2000 pour rejoindre l’opposition après son limogeage de la Primature guinéenne qu’il occupa de 1996 à 1999. Sa nomination à l’époque le fut dans une période critique car consécutive à une mutinerie militaire que «Péssè» (celui qui parle crûment en langue soussou), le président Lansana Conté mata. Premier ministre, il a soigné une fonction publique guinéenne malade, car des fonctionnaires fantômes ou incompétents ont été expurgés , tout en regagnant la confiance des bailleurs de fonds et en améliorant le quotidien de ses compatriotes. «J’ai ramené l’électricité à Conakry» confiait-il à l’auteur de ces lignes en 2008. Et c’est vrai, sous Sidya , le bruit des groupes électrogènes qui pétaradaient dans la capitale a baissé, sans oublier l’amélioration de la desserte en eau. Politiquement, même s’il a été par deux fois candidat malheureux à la présidentielle guinéenne (2010-2015), où il récolta entre 13 et 16 %, son influence politique reste limitée à l’échelle du pays, sauf dans son bastion naturel, la Basse Guinée, notamment aux alentours de Boffa.
Il passera à la postérité au pays de Sily, comme un grand technocrate doublé d’un politique qui aura été utile pour la Guinée, dont l’idéal a toujours été d’avoir un pays très développé. Cellou Dalein Diallo, le principal opposant, lui voit disparaître son binôme précieux. En effet, le tandem Sidya-Cellou a toujours fait son effet, car la Basse plus la Moyenne Guinée arrivaient à contrer la Haute Guinée du RPG d’Alpha Condé. L’UFDG est un parti très puissant, mais quasiment à toutes les compétitions électorales, le duo a toujours mutualisé ses forces pour conquérir la présidence, sans jamais y parvenir pour diverses raisons qu’il serait fastidieux de les énumérer ici. Sans Sidya Touré, Cellou peut «gagner au loto présidentiel», mais avec lui, son binôme, la victoire n’en serait que spectralement importante. Le président de l’UFDG perd donc un allié précieux.
C’est le lieu au moment ou cette icône de la politique guinéenne s’éclipse définitivement, de déplorer le fait qu’il soit mort en exil il n’a pas quitté volontairement Conakry pour aller se soigner à Paris mais c’est en tant qu’exilé qu’il l’a fait . Il faudra que les Africains travaillent à éviter que des présidents , premiers ministres et personnalités politiques déchus ou en bisbilles avec le pouvoir en place, s’éteignent loin du bercail ou pire inhumés loin des siens en tant que « pestiférés» du fait de la justice qu’elle soit équitable ou instrumentalisée .
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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