D’abord, en l’espace de moins d’une semaine, les militaires au pouvoir ont annoncé que Embalo Cissoko, le président qu’ils ont renversé le 26 novembre 2025, pouvait rentrer le 4 octobre dernier afin de prendre part à la présidentielle de décembre. Puis, à 48 heures de ce retour annoncé, rétropédalage pour invoquer des «conditions sécuritaires non remplies «qui empêchaient» ce comeback. Et dans la foulée, tout est chamboulé avec le happening de ce poker menteur. La commission électorale, de par sa vice-présidente, Felisberta Moura Vaz. annoncé ce 8 octobre que «techniquement» les élections présidentielles et législatives ne peuvent pas se tenir» à bonne date, c’est-à-dire le 6 décembre prochain. Et le Premier ministre Ilidio Vieira Té de répéter la même chose, renvoyant la balle à son patron de président de la transition, le général Horta N’Tam d’annoncer le fait de ce report du scrutin sine die. Du coup, les masques commencent à tomber. On se doutait bien qu’après avoir pris le pouvoir par les armes il y a 11 mois et fait adopter une nouvelle constitution en août 2026, l’homme fort de Bissau n’allait pas «se retirer comme ça» même si c’est son mentor qu’il a tombé par un pronunciamiento arrangé.
Du coup, on subodore que tout est réglé pour que le général Horta reste dans son fauteuil présidentiel avec ou sans l’aval d’Embalo. En effet, s’il y a pas des élections le 6 décembre prochain, la transition s’en trouvera prolongée et le général Horta restera le patron de la Guinée Bissau.
Et comme Embalo risque de ne pas rentrer, en tout cas de sitôt , il est probable que le général Horta tombe le treillis pour endosser le costume de présidentiable.
Il a d’ailleurs appelé tous les militaires qui ont des armes à les rendre. Il a congédié les ministres de l’intéreur et de la pêche. Il est en train de rebattre les cartes. On vous la dit, quelqu’un ne prend pas le pouvoir suprême pour le donner à un autre.
À moins encore que ce ne soit une entourloupe tout cela entre Embalo et Horta, question de jouer la montre pour attendre le bon moment pour le retour du premier qui sera le grand favori pour une élection. Dans tous les cas, il y a bien calcul dans tous ces actes, sauf que la Guinée Bissau s’enfonce plus dans une météo politique où la grisaille domine, surtout dans un pays où la violence militaire est consubstantielle à cette politique erratique.
Aujourd’hui au Faso


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