10 ans de prison pour l’ex-DG des services d’émigration et d’immigration au Bénin :  Impitoyable CRIET même en droit  commun

10 ans de prison pour l’ex-DG des services d’émigration et d’immigration au Bénin : Impitoyable CRIET même en droit  commun

Au Bénin, il n’y a pas que les opposants tels Joël Aïvo et Rekkya Madougou qui trinquent via la CRIET, mais les supposés ripoux à col blanc, gouttent aussi aux délices de la prison du fait de cette structure chargée d’assainir les mœurs économiques et politiques. A preuve, Florent Agbo, le désormais ex-DG de l’émigration et de l’immigration a écopé de 10 années fermes de la part de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour une ténébreuse affaire de 6 passeports octroyés indument à des Camerounais.

Arrêté à l’aéroport au mitan de décembre dernier, les 6 faussaires camerounais qui se rendaient en Equateur via Istanbul sont passés à table et ont indexé des complices, et de fil en aiguille, les fins limiers sont remontés via l’arrestation de 6 policiers jusqu’au commissaire divisionnaire Florent Edgard Agbo.

En vidant son délibéré hier 7 mars, la CRIET a eu la main lourde, car même si d’aucuns ne doutaient pas de la culpabilité de l’ancien DG des services d’émigration et d’immigration, nombreux sont ceux qui pensaient à une peine ne dépassant pas 5 années. Finalement, le tribunal a suivi le dur réquisitoire du procureur. La CRIET de toute façon avec les précédentes peines ne lésine pas : Joël Aïvo avait pris 10 ans fermes, et Madougou le double.

La CRIET, juridiction politique d’exception ou instrument d’opération Mains propres ? En tout cas, elle frappe drue et de façon impitoyable. Et de plus en plus, les adversaires du président Patrice Talon estiment que c’est le glaive anti-opposants du chef de l’Etat, qui tombe sur la tête de tous ceux soupçonnés à tort ou à raison d’être contre le système du magnat du coton devenu locataire du palais de la Marina.

En fait, on n’aurait rien trouvé à redire, si cette criet n’était pas une juridiction d’exception du fait du prince, car Aïvo et Madougou auraient pu être jugés devant une Cour d’Assise. De même que, souvent les preuves, ou plutôt les objets de délit sont tellement pelliculaires, minces qu’ils ne suffisent pas à faire condamner un accusé.

Non contente d’avoir condamné 2 candidats recalés à la présidentielle, voici que la CRIET tape fort sur un accusé de droit commun. Le Bénin sanctuaire de la démocratie a bien changé sous Talon, en tout cas juridiquement en mal, et politiquement, méconnaissable.

La REDACTION

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