Comme dans de nombreux scrutins, le taux de participation au vote référendaire sur une nouvelle Constitution du dimanche 18 juin au Mali demeure une des inconnues pour jauger de l’adhésion ou non des électeurs à ce grand tour de chauffe in vivo avant la présidentielle du 4 février 2024. Selon la Mission d’observation des élections au Mali, (MODEM) financée par l’UE, ses 3 000 mandataires sur le terrain ont pu apporter des chiffres, lesquels recoupés et consolidés indiquent un taux de participation tournant autour de 27%, nettement en-dessous des 34% du second tour de la présidentielle de 2018 et des 36% aux législatives de 2020.
Le MODEM n’est pas l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), l’organe électoral officiel chargé de dire les résultats provisoires et le taux de participation, si fait que cette donnée du MODEM pour fiable qu’elle soit, n’en demeure pas moins officieuse et non encore confirmée.
Quoiqu’il en soit, avec la campagne de boycott de la CMAS de l’imam Dicko, de celle des opposants politiques, ainsi que des groupes armés qui ont pignon sur sable dans certaines localités du Nord et du Centre, ce taux pourrait ne pas être très élevé ou supérieur à quelques points près de ces 27%.
N’empêche, c’est encore bon si et seulement si Assimi Goïta est candidat, car en ce moment, et sauf séisme tellurique, il pourrait rester au palais de Koulouba ou à Kati, via la présidentielle qui l’absoudrait par les urnes. Dans ce cas, il se sentirait un peu un ATT bis, la parenthèse de 10 ans en moins, ainsi que l’intermède d’un second Konaré, sauf que le pouvoir demeurera militaire avec un vernis démocratique. Donc en gros, si ce taux de plus ou moins de 27% est confirmé, il faudrait qu’un Goïta, troque la tenue de camouflage contre le boubou ou le costume du civil pour que le Mali continue à «avancer» avec un pouvoir civil, mais militaire dans l’âme. Evidemment, il y aura des remous, car les partis politiques qui ne se sentent pas concernés par cette nouvelle Constitution ainsi que les partisans anti-laïcité seront vent débout, mais comme tout a changé pour que rien ne change, les militaires étant toujours au pouvoir…Ce serait bonnet blanc, blanc bonnet.
Par contre, si d’aventure, Goïta n’était pas candidat et que c’est un civil qui devra avoir naturellement l’imprimatur de Goïta, ce sera plus compliqué, car presque 70% des 8,4 millions d’électeurs ont voté non ou se seraient abstenus. Alors, il a beau avoir la puissance de feu des militaires, ce civil-président reste et sera toujours un poisson-pilote, lequel aura du mal à exécuter certaines tâches régaliennes, pour l’intérêt du Mali, et même d’autres le rebuteront. Ecartelé entre ses maîtres militaires et les populations civiles, ce ne sera pas une sinécure pour ce président-croupion.
La REDACTION


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