Bien que soutenu par le président sortant, Uhuru Kenyatta, le vieux briscard de la politique Raila Odinga (77 ans) qui a été battu à la présidentielle du 9 août 2022, au Kenya semble ne pas avoir digéré cette défaite, 8 mois après cette compétition.
Et pourtant, après sa contestation devant la Cour suprême contre les «cartels de la corruption», ce sont ses termes, et le rejet de ses recours, Raila Odinga avait promis qu’il ne ferait pas de vague, a fortiori, inviterait ses partisans dans la rue. Evidemment, la paupérisation est un pain béni pour celui qui a raté 5 fois le fauteuil présidentiel.
Car comment expliquer alors que depuis quelques jours, profitant des effets de l’inflation, et la dégradation du quotidien des Kenyans, Raila ait invité ses supporters à sortir tous les jeudis et lundis pour occuper les rues ?
Conséquences: heurts, courses-poursuites et blessés aussi bien parmi les manifestants que les policiers, et 200 arrestations, le lundi 20 mars dernier de cette manifestation. Que ce soient les micmacs au sein de l’IEBC, la Commission électorale, le taux de participation, les allégations de fraudes, tous ces griefs n’ont pas été retenus, et à l’évidence, Raila Odinga n’avait pas une aspérité pour s’accrocher pour manifester.
En saisissant la récession, l’inflation, et la colère de ses compatriotes qui triment, Odinga tient là une occasion de revanche par translation. Faute d’avoir pu invalider la présidentielle comme en 2017, il lui faut rappeler au mauvais souvenir de son adversaire vainqueur, que son mandat ne sera pas une sinécure.
On est loin des évènements malheureux de la vallée du Rift, et des plaines de Sheringueti et du Masaï Mara, mais déjà, ce lundi 27 mars, il y a eu 1 victime lors de la manifestation.
Que veut Raila Odinga, qui sait après tout que s’il a eu l’apport d’Uhuru Kenyatta, il n’a pas bénéficié du soutien franc des Kikuyus, qu’il flétrissait quand il était dans l’opposition ? Pourrir le règne de William Ruto à défaut de le faire perdre le pouvoir ?
En tout cas, le chef de l’Etat Ruto a prévenu qu’il ne laissera pas s’installer la chienlit. Dans ce Kenya au vote communautaire, où 2007-2008, années sanguinolentes s’il en est, sont toujours présentes dans les esprits, il est impératif que les esprits se calment, car tout est susceptible de déclencher l’Apocalypse Now. Seuls Odinga et Ruto peuvent conjurer ce spectre.
La REDACTION


COMMENTAIRES