Evariste Ndayishimiyé le président burundais desormais à la présidence continentale, sait qu’il hérite en même temps des problèmes de l’Afrique. Dans la cuvette Nelson Mandela de L’Africa Hall, chacun sait que les crises sont nombreuses.
L’eau et l’assainissement, le thème central de ce 39e raout est bien inscrit à l’ordre du jour. A juste raison, 400 millions d’Africains ont un mauvais accès à l’eau et 700 millions sont privés de cet accès. C’est une priorité absolue, surtout avec le dérèglement climatique et la destruction de l’environnement, et le phénomène El Ninõ qui pousse, pousse…
Mais la loi non écrite de tout sommet, surtout de l’UA étant d’être rattrapée par les dossiers brûlants de l’heure, les crises et les guerres ouvertes ou larvées en Afrique se sont imposées ces samedi 14 et dimanche 15 février à Addis Abeba. C’est dire donc que si l’horizon 2063 reste la boussole, l’UA est bien ballotée entre crises multiples et priorités structurelles. Economiquement, beaucoup reste à faire, la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine) ahane à …
Les transformations et la création de la valeur ajoutée sont lentes, et l’intégration toujours en attente.
Durant le huis-clos comme en plénière, ce sont donc les guerres et les conflits qui ont été les plats de résistance et que le chef de l’Etat burundais devra gérer. A commencer par celle qui est à sa porte, notamment à Uvira où le M23 y est, même si la MONUSCO a réussi à négocier pour reprendre son aéroport de Goma afin de déployer aériennement ses éléments en reconnaissance.
Uvira adossé à la frontière burundaise ou plus généralement, l’Est de la RD Congo est un gros dossier pour le nouveau président de l’UA. Car, il y a bien sûr l’accord de Doha et celui de Washington, mais il y a aussi l’UA à travers la médiation du Togolais Faure Gnassingbé.
A-t-on véritablement à quelque chose de tangible avec l’UA ?
Le cessez-le-feu de ce 18 février échaffaudé par le président angolais tiendra-t-il ? On peut en douter.
Peut-être, mais sur le terrain, tout demeure fragile.
Et comment le Burundais peut-il ne pas avoir le cas de l’AES dans ses petits papiers ? Exclus de l’organisation continentale, les 3 pays de l’AES (Burkina-Mali-Niger) n’en ont cure ! Mais pour l’UA, l’urgence est d’être à leurs côtés pour lutter contre le terrorisme. Relancer le dialogue avec l’AES est même une des tâches dévolues à Ndayishimiyé qui est l’envoyé spécial de l’UA pour le Sahel. De ce qui ressort du Conseil « Paix et Sécurité » de l’organisation continentale, il s’agira de soutenir l’AES par le truchement de la Force en attente de la CEDEAO.
Mais pas question de réintégrer les pays de l’AES avec la tolérance zéro pour les pouvoirs non constitutionnels, posture de « 2 poids 2 mesures» car le gabonais Oligui et le guinéen Doumbouya ont fait leur bâptème de feu à ce 39e sommet. Il est vrai qu’ils se sont fait absoudre par les urnes, mais ils sont parvenus au pouvoir par des pronunciamientos.
Solution irréaliste également dans l’optique de l’aide à l’AES dans sa lutte contre le terrorisme via la force en attente de la CEDEAO alors que l’UA n’ignore pas qu’entre les 2 entités le divorce est consommé et même que la CEDEAO est accusée d’être stipendiée par les sponsors de ce terrorisme. C’est dire que Ndayishimiyé dont on attend, l’imminente visite à Ouagadougou, a une equation difficile à résoudre avec le cas AES.
Il y a également, la guerre qui se banalise au Soudan, et celle qui recommence entre les 2 frères ennemis au Soudan du Sud Salva Kiir et Riek Machar. Et encore, le financement des troupes qui luttent contre les Shebab en Somalie.
Bref, le Burundais aura une année studieuse et on souhaite qu’il puisse avec ses pairs éteindre certains foyers incandescents sur le contient.
Aujourd’hui au Faso


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