C’est une crise postélectorale au long cours qui s’annonce au Mozambique avec le retour au pays du principal opposant, Venancio Mondlane, revenu après un bref exil, et qui entend rentrer dans son droit et sa légitimité relatifs à la présidentielle du 9 octobre 2024 haranguant les foules de ses partisans, et expliquant qu’il est le vainqueur, il maintient son mot d’ordre de lâcher ses ouailles dans la rue mais depuis hier lundi 13 janvier 2025, il semble avoir décidé de passer à la vitesse supérieure ou plutôt, de montrer qu’il est réellement représentatif en décrétant Maputo «ville-morte» une opération qui a fonctionné à l’évidence, car la capitale mozambicaine était une agglomération fantôme ce 13 janvier : commerces fermés, bus absents, lieux publics déserts. Une «fantômisation» de Maputo, qui s’étalera sur 72 heures.
Il faut dire que la crise postélectorale au pays de Samora Machel est très profonde, car ces élections semblent avoir sonné le glas de l’interminable règne du parti-Etat, qui a opéré un semblant de mue politique, mais qui demeure au pouvoir.
Mais ce coup-ci, sa victoire, c’est-à-dire celle du FRELIMO, le parti historique a un goût de fiel. En effet, Venancio Mondlane le challenger et opposant du cornac du FRELIMO Daniel Chapo ne reconnaît pas sa défaite et lâche ses partisans dans la rue.
C’est dans cette atmosphère gorgée de sombre nuages, et c’est peu dire car il y a déjà 400 tués, c’est donc dans ce climat conflictogène que les députés élus et contestés ont été officiellement installés ce 13 janvier également ! Daniel Chapo, qui espère que ce forcing calmera la rue, constate qu’il n’en est rien.
Venancio tient mordicus à ses 53% de voix à la présidentielle, et il a même prêté serment à l’aéroport à son retour, le11 janvier dernier. 171 sièges pour le FRELIMO, 43 pour PODEMOS devenu le principal parti d’opposition et 28 pour la RENAMO. Une installation qui a vu des chaises vides celles de la RENAMO et du MDM.
Dans ce Mozambique à l’histoire tumultueuse, faite de guerres civiles, de mort violente de chefs d’Etat (Eduardo Mondlane, Samora Machel), la crise postélectorale actuelle doublée de celle humanitaire avec les dégâts de Chido à Cabo Delgado inquiètent plus d’un Mozambicain. Pourquoi avec ce contexte les députés s’installent tout de même ? Pourquoi «Venancio» comme l’appellent ses militants est-il aussi populaire ?
Daniel Chapo, le président élu et contesté pourra-t-il reprendre la main ? 400 tués, c’est beaucoup, et Maputo la capitale, épicentre de la contestation semble ne pas lâcher. Les jours et semaines à venir, nul Mozambicain ne sait sur quoi il va se réveiller.
La REDACTION


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