D’abord la carte postale de ces noces de Chêne dans la salle du parti: plusieurs responsables d’autres formations politiques dont ceux du pouvoir le RDR trônaient au premier rang parmi lesquels Ibrahim Cissé Bacongo. Simone Ehivet du MGC y était aussi. On peut dire que tous étaient là ceux du PDCI, qui le devaient, sauf celui dont la présence en ces circonstances était plus que nécessaire, mais qui était aux abonnés absent : Tidjane Thiam, le patron du parti qui s’est adressé depuis Paris à ses ouailles par visioconférence. Et c’est ça un des gros problèmes de ce parti fondé par le père de la Nation Félix Houphouët Boigny !
Les discours de circonstance se sont suivis, on a ressassé les beaux jours du PDCI, les avanies qu’il a subies avant et récemment, on reste optimiste pour l’avenir. Et Tidjane Thiam dans ses propos, reste un brin confiant, a-t -il le choix, même s’il sait et les militants le savent aussi qu’on ne peut indéfiniment cornaquer un parti politique hors sol ! Le leader dit toujours « allons-y » et il est devant, pas « allez-y » tout en restant à distance. Dégraissé de moitié aux communales et aux députations, traversé par des courants centrifuges, titillé par le parti au pouvoir, c’est un PDCI qui devait être uni en bloc et faire chorus derrière un seul leader. Or, rien de tout cela, au contraire, le sphinx de Daoukrou disparu, on s’échine à colmater les breches d’un parti qui se craquelle chaque jour. Tidjane Thiam a été recalé à la présidentielle pour des motifs discutables mais le parti a manqué de rebondir, en ne présentant pas un candidat de substitution. Des noms existent : Jean Louis Billon, Sylvestre Emmou, maire de Port-Bouet, Noël Akossi Bendjo…. Bref l’existant du PDCI est le suivant: Un leader à 6000 km de la Côte d’Ivoire contre lequel d’ailleurs pend une action en justice pour le destituer… des militants convaincus mais désemparés… Houphouët doit se retourner dans sa tombe. On espère seulement que cet arrêt à l’occasion des 80 ans sera l’occasion de regarder dans le rétroviseur, mais surtout dans le pare-brise, devant pour dépêtrer un parti qui s’étiole, car le microcosme ivoirien se transforme, les jeunes aspirent à des choses nouvelles, le monde change, la géopolitique est mutante. Il faut brûler de nombreux scories du PDCI, requinquer le parti, qui a besoin de leaders capables de tirer le parti vers le haut. Pas forcement par une cure de jouvance, le jeunisme pour le jeunisme a montré ses limites en politique. Ce ne sera pas une farniente car le RDR ou RHDP ne déroulera pas le tapis rouge pour dire au PDCI « venez prendre le pouvoir ». Dépoussiérez le parti, faire au besoin une tabula rasa, en suivant la volonté des militants. Pour cela, il faut que Tidjane Thiam rentre à Abidjan ou qu’il laisse la place à un autre. On ne peut pas diriger un parti comme le PDCI à partir de l’extérieur et pendant un si long temps !
Aujourd’hui au Faso


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