97% pour le «Oui» au référendum constitutionnel au Mali : Que fera Goïta de ce score stalinien ?

97% pour le «Oui» au référendum constitutionnel au Mali : Que fera Goïta de ce score stalinien ?

Scruté de Bamako, de Mopti ou de Sikasso, le taux de 97% de «Oui» au référendum constitutionnel du 18 juin au Mali est un plébiscite, abstraction faite des zones rouges où le vote n’a pas eu lieu pour causes d’insécurité ou d’interdiction de djihadistes qui tiennent les lieux en otage tels Kidal ou Ménaka.

Ainsi donc, 97% du corps électoral malien ont donné leur quitus au nouveau projet de Constitution soumis à leur appréciation par la Transition militaire. L’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), a livré les résultats des urnes ce 23 juin, en mentionnant ce score stalinien, qui fait des gorges chaudes chez les partisans du «Non» et chez les opposants.

Pour les uns, la junte ne pouvait pas organiser un tel référendum et le perdre, pour les autres, ce résultat effarant est la preuve des fraudes massives qui ont été effectuées.

Que va faire Assimi Goïta de  ce score plus qu’à hauteur d’homme ? Tout d’abord, savourer ce pari risqué et gagné au double plan sécuritaire et politique. Même si dans plusieurs zones, on n’a pas voté, le scrutin s’est déroulé sans trop d’anicroches et le «Oui» a été préféré de façon franche.

Cette saveur passée, il lui faudra penser à l’avenir du Mali et au sien et ses compagnons ! Le président de la République prend tout le pouvoir avec cette Constitution, et sera le seul maître à bord, un sénat, une Cour des comptes, tout cela figurent dans cette nouvelle Loi fondamentale. La laïcité divise mais c’est surtout ce que deviendra Goïta qui trotte dans le cortex des Maliens, y compris l’intéressé et pas seulement eux !

Avec cette Constitution, Goïta a 2 options toutes comportant des risques majeurs :

1) Il pourrait tenter le «coup d’ATT», laisser quelqu’un prendre le pouvoir à la présidentielle, un homme-lige naturellement qui bétonnera la route de Koulouba pour lui, qui prendra le temps de faire un brin de training. Et que deviendront ses camarades d’armes putschistes ? Le risque avec ce scénario, c’est que 1992 n’est pas 2023, et qui sera le Konaré actuellement pour accepter ce jeu et rendre  le pouvoir 5 ou 10 ans après ? Qui est maître de ce qui se passera dans 5 ou 10 ans ?

2) Goïta se sépare de la tenue de camouflage et se jette dans l’arène des isoloirs. Avec beaucoup de chance de remporter la victoire. Il sera un président «civil» mais avec une assise militaire dans la réalité. Et c’est là où il y aura problème. Car prendre le pouvoir par les armes, se faire «blanchir» par un vote et vouloir gouverner selon les canons de la démocratie, ne sera  pas sans amener les mêmes problèmes que le pays traine depuis des lustres. Serait-ce avec les politiques, et lesquels ? Président, il sera désormais «exposé» et vu son itinéraire, il sera toujours considéré comme un ex-putschiste. Quelle option Goïta empruntera, avec ce «Oui» qui lui ouvre toutes les voies du possible. Attention aux embardées, et aux vestiges du triomphalisme!

La REDACTION

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