Dépôts des dossiers de Gbagbo et Soro à la CEI : Baroud d’honneur pour exilés de luxe transis

Dépôts des dossiers de Gbagbo et Soro à la CEI : Baroud d’honneur pour exilés de luxe transis

Ce 31 août, à quelques heures du deadline, on s’est bousculé au portillon de la CEI : dossiers Gbagbo, Soro, Toikeuse … En dépit de la confirmation de leur inéligibilité par la justice, Laurent Gbagbo perclus à Bruxelles par des liens judiciaires de la CPI et par une condamnation à 20 ans par son pays ; et Guillaume Kigbafori Soro (GKS), lui aussi résidant de force à Paris pour des ennuis avec la justice, en dépit de cette épée des juges et de leur éloignement, les deux ont déposé hier 31 août 2020, leur dossiers à la CEI pour la compétition du pouvoir suprême de fin octobre prochain.

Plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) pour l’ex-président conduite par son responsable Georges Armand Ouégnin et mouvement GKS pour le second conduit par des partisans de l’ancien président de l’Assemblée nationale, les 2 candidatures ont été réceptionnées en bonne et due forme par la CEI qui n’avait vraiment pas le choix.

Au risque de confirmer la croyance de ceux qui subodorent qu’elle est stipendiée, la CEI ne pouvait qu’ouvrir ses portes, à ces deux dossiers brûlants  surtout que l’un et l’autre ont recueilli le nombre plus que suffisant de parrainages, 74 554 pour Gbagbo, alors que 48 000 sont requis. Une posture de la CEI qui a d’ailleurs été saluée par la plateforme EDS.

Un dépôt de dossier qui s’apparente à un baroud d’honneur de ces 2 personnalités qui font tout ce qui est possible depuis des lustres pour être de cette bataille électorale. Hélas il leur sera difficile d’en être d’abord pour battre campagne, vivant à près de 6 000 km du bercail, et ils savent bien que tant qu’ils n’auront pas pris pied à Abidjan, toutes leurs actions sont quasiment des coups d’épée dans la lagune Ebrié.

En fait 3 scénarios se dessinent pour ces 2 exilés de luxe momentanément transis que sont Gbagbo et Soro :

1) Le Conseil constitutionnel rejette leurs dossiers et les haricots sont définitivement cuits pour eux.

2) Le conseil constitutionnel valide lesdites candidatures, et commencera pour ces présidentiables l’éternelle bataille à l’hypothétique issue du retour en Côte d’Ivoire.

3) 3e scénario caressé par les 2 célèbres proscrits : que le président Ouattara, tout en maintenant sa candidature, de retour de Mougins au Sud de la France, qu’il prenne un décret autorisant tous les candidats à compétir, y compris Gbagbo et Soro, sous réserve que la justice, les blanchisse, avec une amnistie présidentielle. Une perspective qui en plus, pourrait servir de catharsis dans le domaine de la paix et de la réconciliation nationale.

Problème : Ouattara en permettant que Gbagbo et Soro reviennent pour lui disputer le fauteuil présidentiel, réduit considérablement ses chances de l’emporter. Autant dire que s’il doit prendre cette décision, c’est-à-dire «ouvrir» l’élection, il doit se convaincre qu’il peut perdre…

Ultimes batailles électorales pour les uns afin d’exister, choix cornélien pour les autres, l’avenir politique de la Côte d’Ivoire se jouera dans ces différentes  options, toutes comportant des risques politique et sociale, bref des risques tout court.

Sam CHRIS

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