3e mandat en Guinée et Côte d’Ivoire : Mortels prurits pré et post-électoraux à Dabou, Kissidougou, Koyah…

3e mandat en Guinée et Côte d’Ivoire : Mortels prurits pré et post-électoraux à Dabou, Kissidougou, Koyah…

De Dabou en Côte d’Ivoire et de Kissidougou, Koyah et en haute banlieue conkrykaise en Guinée, nous parviennent les bruits de violentes fragrances, prémisses majeures à des conflits pré et post-électoraux dont  nul ne doutait qu’ils surviendraient, au regard de l’assemblage de tous les ingrédients pour que ça pète davantage dans ces 2 pays en élections.

A Dabou, d’abord, que ce soit des échauffourées entre communautés ou l’œuvre de groupes armés de kalachnikov ou de coupe-coupe , c’est bonnet blanc, blanc bonnet, car on dénombre 7 tués, selon le préfet, une dizaine selon de sources de témoins. Ce sont des morts électoraux !

Et que dire des violences les mois antérieurs qui ont jalonné le processus électoral, lesquelles violences se sont déclinées en tueries, en autodafés comme l’incendie du domicile du candidat Affi N’Guessan à Boungouanou ?

Hier Daoukrou, Abidjan et plusieurs autres agglomérations ivoiriennes, aujourd’hui Dabou et demain, c’est sûr, ce sera plusieurs localités ivoiriennes.

En Guinée, 3 jours après la présidentielle, et après que l’opposant Cellou Dalein Diallo, se soit autoproclamé vainqueur conforté par la publication de «ses résultats» hier, les cadavres s’amoncèlent : 9 tués selon le gouvernement, 16 selon l’opposition, peu importe, la tambouille des chiffres s’est déplacée sur le terrain de la bataille, la vraie, laquelle n’a jamais cessé, depuis plus d’un an puisque l’avènement du front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a été salué par plusieurs victimes à la mi-octobre 2019. On est à ce jour au-delà de la centaine de morts depuis 12 mois en Guinée.

Deux pays, deux élections, et deux présidents en quête d’un 3e bail chahuté. La Guinée a tenu la sienne, mais la proclamation des résultats attendue pour au plus tard ce vendredi 23 octobre, porte manifestement tous les symptômes d’une grandiose déflagration.

Conakry et sa haute banlieue sont en état de siège, et le tout embrumé par une épaisse fumée, émanant des tirs de gaz lacrymogènes et des brûlures de pneus. La CENI qui distille à petites doses les résultats, sait que les finaux sont attendus avec angoisse, mais aussi comme le détonateur des violences à tout crin, d’autant que l’UFDG a persisté et signé hier en publiant ses «résultats» qui donnent l’onction populaire naturellement à son champion, et le parti prévient qu’il ne laissera personne lui flouer de sa victoire.

Ça y est donc, les 2 camps l’UFDG et le RPG-arc-en-ciel, ont encore transformé la Guinée, en immense arène pour ce combat rangé, inégal et idiot. D’un côté, les poitrails des militants de l’UFDG et Cie, avec leurs «sections cailloux» et de l’autre, les forces de l’ordre, le doigt frileusement sur la gâchette, ou pour certains la matraque bien en vue, et ce face-à-face ne peut-être que sanguinolent !

Deux pays, deux présidents en quête d’un 3e mandat d’un côté et deux oppositions de l’autre côté et au milieu le pouvoir suprême, que chacun veut garder ou conquérir ! Mais il y a aussi au milieu les innocentes populations victimes collatérales ou consentantes, parce qu’instrumentalisées par des politiciens, dont la boulimie du pouvoir est inversement proportionnelle à l’importance qu’ils accordent à la vie des ouailles.

Si en Guinée, les premiers macchabés sont déjà à déplorer, nul doute qu’il y en aura encore, et au pays d’Houphouët-Boigny, Dabou donne le tempo, d’une Côte d’Ivoire à quelques encablures d’un scrutin anxiogène parce que portant tous les oripeaux de l’interminable bagarre de 2010. Avec cette fois, en plus pernicieux, car la soif de venger les victimes de Duekué, Nayibli, Abobo… demeure non étanchée. Les fantômes de 2010 sont déjà dans plusieurs villes ivoiriennes. Qui ou quoi pour les exorciser à J-9 ?

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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