Crise post-électorale en Guinée : CEDEAO, UA UE, FNDC, RUE ET TRIBUNAL : les populations-martyrs  vont trinquer !

Crise post-électorale en Guinée : CEDEAO, UA UE, FNDC, RUE ET TRIBUNAL : les populations-martyrs  vont trinquer !

Victoire à la Pyrrhus, victoire ensanglantée, victoire tout de même dans cette Guinée habituée aux flibusteries électorales. Dans sa marche forcée et jonchée de cadavres vers le 3e mandat, et aidé par une CENI vermoulue et une étrange bienveillance de la communauté internationale (CEDEAO, UA, UE…)

 Alpha condé n’a pas eu de scrupules  pour se succéder à lui-même. Le 24 octobre dernier, 6 jours après le scrutin présidentiel, la CENI a crédité Alpha Condé de 59,49% qui rafle la majeure partie des voix des 38 préfectures alors que son concurrent principal obtient 33,5%. En vertu de l’article 41 de la Constitution, le président élu est donc sans surprise Condé qui a obtenu la majorité absolue.

«Un K.O débout» qui a consisté selon l’opposition à retarder au maximum la centralisation des PV afin de substituer les vrais avec d’autres fabriqués et en faveur de Condé( ?), assignation en résidence surveillée de Cellou Dalein Diallo, enfin descente musclée de l’armée qui a tiré à balles réelles sur des populations à Faranah, Bambéto et d’autres localités. Bilan : 18 tués selon le pouvoir, 30 selon l’opposition dont hélas des bambins de 7 à 9 ans ! Toute une  machiavélienne mise en scène et il n’aura échappé à personne que malgré la sortie du leader de l’UFDG dès le 19 octobre pour se proclamer vainqueur, question de couper l’herbes sous les pieds du RPG-Arc-en -ciel, malgré les mises en garde de Cellou, le président-candidat a fait sienne cette maxime du prince florentin «qui veut la fin veut aussi les moyens et ses moyens sont inséparables de quelques pertes !» Marginales toutes ces innocentes vies ôtées pour le pouvoir suprême.

Reclus dans sa maison au quartier  Hamdallaye encerclé par les militaires  avant d’être libéré le jour de la proclamation des résultats, Cellou n’a pu dès sa libération, que crier de nouveau sa colère, son amertume et l’indifférence coupable de cette communauté internationale prompte à énoncer des principes mais à jouer les pompiers après que l’incendie ait tout calciné.

Mis à l’index par le perdant, la CEDEAO, l’UA et l’UE dont les émissaires ont déboité fissa hier 25 octobre  après ce qui ressemble à un bégaiement de l’histoire en Guinée. Mission assignée aux Brou, Minata Samanté et autre Ibn Chambas faire la paix en Guinée alors qu’on a tué pour ce 3e mandat indu, alors que l’armée régente le pays et qu’il sera corsé d’épargner à la Guinée une guerre civile qui a déjà commencé. Où étaient tous ces faiseurs de paix notamment la CEDEAO qui lorsqu’en juin  dernier, elle s’est rendue à Bamako pour sauver IBK et ensuite pour tordre le bras à la junte putschiste, la Guinée sentait déjà le roussi ? Où  était cette CEDEAO alors qu’à l’époque déjà la Guinée était aussi sur la sellette ainsi que la Côte d’Ivoire ? Que vont-ils chercher dans cette galère ces missi dominici qui pérorent des vœux pieux alors que la même communauté internationale  devait tout faire pour empêcher ce remake de 2010 ? La CEDEAO et CIE sont disqualifiés pour mener une telle opération de déminage.

Aujourd’hui 26 octobre le FNDC va de nouveau agir avec des marchés, boutiques et banques fermés, et de multiples actions pour faire partir Alpha Condé.

Outre donc les violences meurtrières, l’économie sera en escargot et le quotidien du petit peuple qui n’avait que sa misère pour viatique va trinquer abondamment dans cette lutte à mort pour l’impérium.

L’UFDG maintient sa non-reconnaissance des résultats provisoires de la CENI  livrés par son président Kabinet Cissé et sa lutte jusqu’à la victoire, devant les tribunaux mais aussi et surtout la «ruecratie» car le parti de Cellou refuse de céder comme en 2010 pour la paix. Et l’enfant de Labé sait que dans 6 ans, la durée désormais du mandat présidentiel, en 2026, il aura 74 ans  et les haricots risquent d’être cuits pour lui. Tant qu’à mener son dernier combat, jusqu’au bout ! Autant  dire qu’à titre personnel et pour la vérité des urnes, Cellou et ses militants pourraient choisir  d’affronter les balles des sécurocrates à moins que ceux-ci refusent de tirer. Or en Guinée les considérations ethniques sont si rédhibitoires, y compris dans l’armée  même si officiellement il n y a aucun problème entre Soussou, Malinkés, peulh et Gnakankés…que le spectre d’affrontements sera difficile à circonscrire.

La malédiction du 3e mandat frappe bien  de plein fouet la Guinée. Mais au fait qu’est-ce qu’il peut bien y avoir dans l’austère palais de Sékoutouréya offert  jadis par Deng Xiaoping le président chinois  pour qu’Alpha condé qui y a déjà passé 10 ans ne veuille pas le quitter ? Evidemment nul n’est dans le cortex du professeur pour y répondre ! .

 Zowenmanogo Zoungrana

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