RDC : Faut-il chanter le requiem du tandem FCC-CACH ?

RDC : Faut-il chanter le requiem du tandem FCC-CACH ?

Désir de s’émanciper de cette ombrageuse tutelle dans laquelle il se trouve ? Rupture avec son allié qui l’a fait prince ? Ballon d’essai afin de voir quelle sera la réaction du FCC ?

En tout cas, des bouts de phrases sortis de la bouche du président congolais Felix Tshisékédi le vendredi 23 octobre dernier ont fait grimper en une fraction de seconde l’encéphalogramme politique de ce pays-continent : «considérant que le statut du peuple est la loi suprême …j’ai décidé d’entamer des consultations politiques …à l’effet de créer une Union sacrée de la Nation…». Et le chef de l’Etat d’expliquer qu’il s’agira d’une refondation  gouvernementale.

Il n’en fallait pas plus pour que son puissant allié, sinon celui qui a manœuvré qu’il soit prince réagisse du tic au tac.

Hier lundi 26 octobre Kabila, puisque c’est de lui qu’il s’agit a convoqué les chefs de regroupements du conglomérat politique le FCC sur lequel il a la haute main pour arrêter la posture à tenir en fait pour leur donner la riposte contre Tshisékédi. Car si la sortie du chef de l’Etat était attendue, la teneur de son phrasé a donné de l’urticaire à ses partenaires politiques du FCC.

En lieu et place d’une dissolution en bonne et due forme de l’Assemblée nationale et la promotion d’un informateur afin de trouver une nouvelle équipe gouvernementale, c’est en fait une bravade, une détutélisation, une coupure de lien qu’a esquissé Tshisékédi. «L’union sacrée» dont fait cas Tshisékédi est vue depuis le camp Kabila  comme une déclaration de guerre politique.

C’est la résultante d’un attelage à deux têtes  concocté avec force depuis 14 mois et qui a du mal à avancer tant ce qui sépare le couple FCC-CACH est plus profond que ce qui l’unit. En effet si 7 mois après l’élection de Tshisékédi, la RDC a accouché d’un gouvernement du reste pléthorique, c’est au FCC qu’est revenu la part du lion, 42 strapontins dont des départements régaliens, contre une portion congrue pour le CACH  avec 23 postes. Des technocrates et politiques dont la marge d’action était étriquée et déjà donc affleuraient les premières crises dont certaines se sont joué jusqu’au parlement. A l’épreuve du pouvoir, le tandem FCC-CACH s’est distendu et au fil du temps et dans l’optique de la présidentielle de 2023, Kabila et Tshisékedi vont à coup sûr avoir des chemins divergeants.

Celui qui s’est reconverti momentanément en gentlemenfarmer a donc voulu depuis son ranch de Kingakati fait savoir qu’il reste maitre à l’Exécutif et au parlement et qu’il a son allié à l’œil et surtout qu’il n’a pas renoncé au scenario Poutine-Medvedev qu’on lui prête. La guerre feutrée depuis un peu plus d’une année sera-t-elle désormais frontale ? Faut-il chanter déjà le requiem du FCC-CACH ? De qui Kabila et Tshisékedi sortira vainqueur de cette lutte pour l’échéance de 2023 ? L’attitude des 2 dans les prochains mois nous fixera.

La rédaction

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