Reconnaissance et consécration pour l’écrivaine camerounaise, Djaïli Amadou Amal qui vient d’être récompensée pour son roman «Les Impatientes» au Goncourt des lycéens, quelques jours après son ainé, qui a été décerné à Hervé Le Tellier pour son œuvre «L’Anomalie».
L’ouvrage qui vient d’être récompensé avait également été finaliste du prix Goncourt, remis le lundi 30 novembre à L’Anomalie, d’Hervé Le Tellier (Gallimard). Ainsi, Djaïli Amadou Amal succède à Karine Tuil, récompensée en 2019 pour «Les Choses humaines» (Gallimard).
Au- delà de la récompense qui vient d’être attribuée, ce Goncourt vient comme un hommage généralisé à la gent féminine, victime d’abus et violences de tout genre à travers le monde. Cinquième œuvre littéraire signée de Djaïli Amadou Amal, «Les Impatientes» évoque les problématiques des mariages forcés, le viol conjugal et la polygamie. Inspirée du vécue de l’écrivaine qui comme des millions de jeunes filles africaines, fut contrainte de se marier à 17 ans à un milliardaire d’une cinquantaine d’années, «Les Impatientes» met le doigt sur un des points noirs de la société africaine sous le joug des pesanteurs socio-culturelles. Certes, ces maux ne sont pas l’apanage du continent berceau de l’humanité, car des cas de viols conjugaux, de mariages forcés et de polygamie sont recensés partout ailleurs à travers le monde, mais force est de reconnaître que les Africains portent le bonnet d’âne en matière de droits de la femme en particulier et des droits humains en général.
Ces pratiques d’un autre âge, combattues depuis des décennies ont la peau dure, et les décideurs ont fini par se résoudre à s’en accommoder du fait du nombre croissant de ses fervents défenseurs et adeptes qui se recrutent à toutes les échelles de la société africaine. Cette décision que d’aucuns qualifient de décisions importées font désormais l’objet de vives critiques des personnalités dans les milieux politique, religieux, coutumier et culturel… Ce prix Goncourt, soit-il celui des lycéens, sonne d‘abord comme un soutien sans faille aux défenseurs des droits de la femme africaine martyrisée et à toutes celles qui portent les meurtrissures d’un mal dominant ou d’un prédateur sexuel. C’est aussi un «hommage appuyé» que rend l’écrivaine Djaïli Amadou Amal à toutes les victimes silencieuses qui souffrent dans leur chair, car condamnées par une société qui refuse de faire face à ces responsabilités et préfère pointer un doigt accusateur sur la victime en lieu et place du bourreau, pourtant bien connu.
Davy Richard SEKONE


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