C’est officiel, il n’y aura pas de présidentielle pour François Bozizé. L’ex-chef rebelle et ancien président a été recalé par la Cour constitutionnelle à l’élection présidentielle du 27 décembre prochain.
Avec lui, trois autres candidats ont vu leurs dossiers invalidés. Il s’agit des candidatures de Jean-Michel Mandaba, ancien ministre et député, candidat du Parti pour la Bonne Gouvernance (PGD), Bertrand Kemba, Expert-comptable, candidat de l’Alliance pour la Renaissance et l’Emergence (ARENA), Freddy Michael Guelle Gongassoua, Ressortissant de l’Ecole Militaire des Enfants de Troupe Georges Bangui(EMET), candidat du Parti des Sauveurs de Centrafrique (PSC). A l’issue de cette décantation, 18 concurrents parmi lesquels figurent le président sortant Faustin-Archange Touadéra, Anicet Georges Dologuélé, Catherine Samba-Panza, Martin Ziguélé se lanceront à l’assaut des voix des populations centrafricaines dans un peu plus de trois semaines. Sans conteste avec cette configuration, Touadéra part avec toutes les faveurs des pronostics, mais le dernier mot reviendra aux Centrafricains qui se rendront aux urnes.
Si les motifs invoqués par la Cour constitutionnelle diffèrent d’un candidat à l’autre, la candidature de Bozizé a été invalidée parce qu’il faisait l’objet de poursuites notamment pour «assassinats», «tortures» et de sanctions de l’ONU. Cette décision qui ruine les espoirs de l’ancien président de revenir aux affaires et d’obtenir sa revanche constitue un coup dur pour Bozizé et ses soutiens. Et pourtant, dans le camp du candidat du Kwa Na Kwa, tout avait été soigneusement préparé afin qu’il échappe à cette sentence. Rentré au pays sur la pointe des pieds à quelques encablures de la date butoir, manœuvres souterraines pour obtenir un casier judiciaire en bonne et due forme, pour échapper à cette sentence qui se dessinait en filigrane, l’homme n’avait pas lésiné sur les moyens.
Rattrapé aujourd’hui par son passé, François Bozizé est en passe de quitter la scène politique par contrainte. A l’image de ses prédécesseurs à la tête de la République Centrafricaine, il n’a pas réussi à répondre aux profondes aspirations de ce peuple bâillonné et balloté par plusieurs décennies de mal gouvernance, d’injustices et d’instabilité.
Certes, il s’agit là, d’une pilule difficile à avaler par ses partisans gonflés à bloc par son retour et réunis au sein de la Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020). Mais si le président Bozizé tient encore en estime ce peuple qu’il aspirait gouverner, il ferait mieux de se plier à la décision de la Cour constitutionnelle au nom de cette stabilité tant recherchée depuis la nuit des temps. D’ores et déjà, un grand nom tel que Michel Djotodia, a renoncé à être candidat. C’est donc le moment pour les « has been » de la politique centrafricaine de quitter la scène au profit d’une nouvelle race d’hommes d’Etat, beaucoup plus entreprenants et déterminés à faire de ce pays un havre de paix pour l’intérêt des populations meurtries dans leur chair et traumatisées dans l’âme.
Davy Richard SEKONE


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