CHAN 2021 et Covid-19 : Un rebond exutoire, mais attention à l’autre rebond !

CHAN 2021 et Covid-19 : Un rebond exutoire, mais attention à l’autre rebond !

C’est parti depuis le samedi dernier, pour le sixième Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN) qui se déroule du 16 au 7 février 2021 au Cameroun.

En attendant de savoir qui des 16 meilleures équipes africaines constituées des joueurs évoluant dans les championnats locaux va remporter la timbale footballistique, la première journée de ce tournoi a vu, pour le compte du groupe A, une bonne entrée en matière pour le pays organisateur qui a battu le Zimbabwe par le score d’un but à zéro alors que les Aigles du Mali, dans le même groupe, sont venus à bout des Etalons du Burkina par le même score d’un but à zéro. Hier pour le premier match du groupe B logé à Douala, le Niger et la Libye se sont quitté dos à dos. Le deuxième match du groupe qui a opposé la RDC au Congo dans un chaud derby s’est soldé par une victoire du grand Congo au détriment du Congo-Brazza (lire page 11 avec notre envoyé spécial).

C’est à cœur joie que des dizaines de spectateurs qui ont eu droit d’accès au stade Ahmadou Ahidjo, du nom du premier président camerounais ainsi que des milliers de spectateurs sur le continent africain ont suivi la cérémonie d’ouverture de ce sixième CHAN qui se déroule dans un contexte de seconde vague du coronavirus. On peut donc dire que dans cette pandémie de Covid-19, le CHAN vient donner du baume au cœur des fans du ballon rond. Même s’il s’agit plus ou moins d’un CHAN au rabais eu égard à la limitation stricte des spectateurs et autres supporteurs au stade qui généralement surchauffent les gradins aux sons de vuvuzela en donnant beaucoup plus d’adrénaline à ces joueurs locaux qui ont plus que besoin de se surpasser pour non seulement représenter valablement leur pays mais c’est aussi qui ont l’occasion rêvée pour de taper dans l’œil des recruteurs. Qu’à cela ne tienne, il fallait prendre d’organiser cette compétition d’autant que depuis fort longtemps, les amoureux du cuir rond avaient besoin de ces retrouvailles sportives à la dimension continentale.

Que ce soit la CAN U-17 qui se tiendra au Maroc, la CAN U-20 en Mauritanie à partir du 18 février, ou encore le tournoi de l’Union des fédérations ouest africaines (UFOA) qui vient de se tenir, l’Afrique semble vouloir démontrer à travers ces rencontres sportives, sa capacité de résilience face à cette pandémie pour laquelle elle n’a pourtant pas encore de remède. Ce qui est, certes, salutaire, mais le risque d’un double rebond est aussi réel. En effet, si l’on n’y prend considérablement garde, il y a de forts risques de se retrouver après cette compétition avec beaucoup plus de dégâts au plan sanitaire. Touchons du bois ! C’est vrai que l’instance dirigeante de la Confédération africaine de football (CAF) a donné des consignes strictes concernant les gestes barrières que les autorités camerounaises ont pour l’heure, réussi à imposer dans les gradins à l’observance des spectateurs, à l’ouverture de la compétition, qui ont porté des cache-nez et respecté plus ou moins la distanciation sociale. Mais le sera-t-il jusqu’à la fin de ce CHAN ? Rien n’est moins plus sûr.

Toujours est-il que le Cameroun, à travers l’organisation de ce CHAN, a le triple défi organisationnel, sanitaire et sécuritaire à relever. Ce CHAN lui sert de test grandeur nature dans la perspective de l’organisation de la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), dans un an, en janvier 2022. Sur le plan organisationnel, les instances dirigeantes du football africain jaugeront des capacités infrastructurelles du pays à organiser enfin la plus belle fête du football africain qu’est la CAN. Au plan sanitaire, c’est certain que le Cameroun est dans le viseur des organisations africaines ou internationales en charge de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et dans ce sens, il n’a pas vraiment pas droit à l’erreur d’autant qu’un pic aux lendemains de ce CHAN pourrait compromettre la tenue de la CAN.

Le rebond du cuir sera certain, on se pamera  durant quelques semaines de joie, de déception, face à ces 16 Nations avec leurs footballeurs locaux. Du reste, depuis la Grecque Antique jusqu’à nos jours, les compétitions sportives ont toujours servi aux politiques pour faire la paix, mais aussi pour amuser le petit peuple, d’exutoire pour oublier un tant soit peu les problèmes lancinants du moment. Mais pour le cas d’espèce, pour la Covid-19, toujours prégnante, la vigilance est la règle n°1. Rebond dans le rectangle vert oui, mais pas question que le virus à couronne s’essaime davantage encore. Donc portons les gestes barrières en bandoulière !  au Cameroun . Et enfin au plan sécuritaire, le pays doit pouvoir contenir les velléités de sabotage de ce CHAN par des indépendantistes des régions anglophones et tout mettre en œuvre pour que les terroristes de Boko-Haram n’endeuillent  pas ce tournoi sportif .

Idrissa TRAORE

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR