Les partisans de l’Union sacrée en République démocratique du Congo ont eu le scalp de Sylvestre Ilunga. Mais celui-ci ne semble pas vouloir lâcher prise. Il s’agrippe aux derniers poils qui restent de sa chevelure de Premier ministre : la coalition FCC brandit l’illégalité de la procédure de motion de censure. Le bureau provisoire de l’Assemblée nationale ne serait pas habilité à démarrer le moteur de ce processus.
Mais cela change-t-il grand-chose ? La Constitution prévaut. Et la Loi fondamentale déclare que le Premier ministre «victime» d’une motion de censure doit libérer le palier dans les prochaines heures. Illégalité pour illégalité, Sylvestre Ilunga risque de se retrouver dans une position de non droit si d’ici 24 heures, il ne remet pas sa lettre de démission au président Félix Tshisekedi. Après une telle déculottée à l’hémicycle, devant la machine intraitable qui semble dérouler ses dents sur le paysage politique congolais, à quoi bon jouer les prolongations et agiter des arguments qui volent plutôt vers la consistance d’un épouvantail ?
De gros poids lourds ont du reste rejoint la prodigieuse mécanique déployée par le président congolais : Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi. Sans doute que l’Union sacrée a fourbi des propositions alléchantes et intéressantes pour pouvoir rallier ces mastodontes, qui faisaient jusque-là de la résistance et pouvaient quelque peu causer des difficultés à la logique du fils d’Etienne Tshisekedi.
Avec de telles figures de son côté, l’Union sacrée a pris les envergures d’un monstre froid qui a désormais les moyens de mettre à rude épreuve la constellation kabiliste et ses derniers remparts de résistance.
Du reste, Modeste Bahati Lukwebo, le médiateur du 1er janvier, a semble-t-il déjà rassemblé tous les ingrédients pour former son gouvernement et a un rendez-vous crucial au palais présidentiel afin sans doute de procéder aux derniers réglages et valider le téléchargement de la nouvelle équipe gouvernementale ainsi que la prochaine configuration institutionnelle en RDC.
Sylvestre Ilunga et les derniers fidèles de l’ancien président Joseph Kabila ont-ils des tours dans leur sac pour renverser la tendance ? Possible. En attendant, l’on va vers un exit du Premier ministre Sylvestre Ilunga et d’une certaine ère kabiliste.
Ahmed BAMBARA


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