Le verdict est tombé. Sans surprise, l’Agence européenne des médicaments (EMA) dont l’avis était très attendu sur le doute né sur l’efficacité du vaccin Astrazeneca est parvenu à une conclusion scientifique claire. Pour l’EMA, le vaccin au cœur de la controverse est «sûr et efficace». Par la voix de sa directrice exécutive Emer Cooke, l’agence a vanté les avantages du vaccin mis au point par le laboratoire suédo-britanique dans la protection des personnes contre le Covid-19, avec les risques associés de décès et d’hospitalisation, l’emportent sur les risques possibles. En clair, le régulateur européen note que le vaccin n’est aucunement associé à un risque global d’évènements thromboemboliques ou de caillots sanguins. Toutefois, l’EMA n’exclut pas un lien entre le vaccin et les troubles de la coagulation rares observées chez certains patients.
Ce rapport dont les conclusions étaient sensées mettre un terme aux doutes laissés par les premiers cas de vaccination laisse plus d’un sur sa faim. A ce jour, une quinzaine de pays ont d’ores et déjà suspendu l’usage de ce vaccin. Dans les heures ou jours à venir la liste pourrait s’allonger dangereusement au grand désarroi du laboratoire suédo-britannique dont les concurrents rient sous cape et se frottent les mains dans l’espoir d’occuper le vide qui prend progressivement forme. Peu à peu, on s’achemine donc, vers un retrait certain de ce vaccin du lot des solutions préventives contre cette pandémie.
En Afrique, où quelques pays (Ghana, Côte d‘Ivoire) ont reçu leur part de doses de ce vaccin, à travers l’initiative Covax, on emboitera le pas de la quinzaine de pays européens, car il serait «criminel» de poursuivre les campagnes de vaccination avec ce vaccin controversé.
Pour sauver les meubles face à la pandémie qui n’attend pas, les recours ne manquent pas et les autres laboratoires dont les vaccins ont été approuvés seront sollicités. Dans certains milieux on pense déjà à Pfizer et dans une moindre mesure aux vaccins Sinopharm (chinois) et Spoutnik (russe) déjà utilisés avec succès hors de l’espace de l’Union européenne et en Afrique (Egypte, au Sénégal et au Maroc). Ainsi, l’initiative Covax à laquelle plusieurs pays du continent africain hésitaient à adhérer se verrait étouffer avant même d’avoir pu déployer ses ailes sur un continent où l’incrédulité vis-à-vis de cette pandémie a pris le pas sur la crainte de ses effets.
La rédaction


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