Plus de doute «la nuit du doute » est finie, le croissant lunaire a été perçu hier par la Ouma burkinabè et le début du jeûne est pour ce mardi 13 avril. Chaque jour, à Potron-minet (dès l’aube) jusqu’au coucher du soleil, les fidèles musulmans s’abstiendront de manger, de boire et de commettre tout acte qui jure avec les préceptes et dogmes islamiques.
Pour la seconde année, ce sera dans la Covid-19 qu’ils jeûneront, jusqu’à l’Aïd-El Fitre le jour du Ramadan, ou fin de jeûne.
Mois sacré, de partage et de solidarité, celui dévolu au jeûne permet aux musulmans de réaffirmer leur foi en Dieu, et au prophète Mohamed (PSL).
Covid-19 oblige, et même sans confinement et même si les pertes en vies humaines ne sont pas alarmantes, l’impact économique de la Covid-19 est inversement proportionnel à ses effets induits pathologiques.
Les Burkinabè, à l’instar d’autres Africains tirent la langue, malgré quelques efforts du gouvernement. Tout est quasiment sur répondeur.
Acte de pénitence, de foi mais aussi de partage, le jeûne musulman est attendu avec espoir et piété par les croyants. C’est un moment où le fidèle se rapproche davantage de son Créateur et fait acte de contrition par la privation des choses de la vie, la mesure et la prudence dans les actes posés quotidiennement, afin d’implorer l’absolution de ses péchés, de ses écarts et de ses souillures d’ici-bas. En se privant de manger et de boire, le fidèle se rappelle qu’il existe des créatures divines qui manquent souvent de l’essentiel vital, qui vivent au jour le jour et méritent d’être soutenus par les plus nantis et les plus «gâtés» par Dieu. Cela lui fait prendre conscience des privilèges dont il bénéficie, mais qu’il a plutôt tendance à parfois oublier ou négliger. Il pourra ainsi mieux apprécier la nécessité de partager autour de lui les biens qu’il a afin de soulager son prochain.
Non seulement il fait bien à ses semblables et à la société dans laquelle il vit en renforçant les liens et la cohésion sociale (il est tenu de brider sa langue et de ne pas proférer des propos utiles à son entourage et à lui-même), mais le musulman se fait du bien aussi car toutes ces bonnes actions sont comptabilisées et seront remboursées en bénédictions tant dans l’au-delà qu’ici-bas.
Dans la compréhension du mois de ramadan, cette période est donc plus attendue et vécue comme un cadeau divin qui sera accueillie avec dévotion, reconnaissance et non vécue comme une corvée.
Toutefois, l’année 2021 est particulière, surtout au Burkina Faso. Les conditions climatiques actuelles, sauf changement dans les jours ou semaines à venir, suscitent de l’inquiétude et font perler des sueurs froides à l’arrière de l’oreille de bon nombre de fidèles. Et pour ne rien arranger Dame-Nature a «cadeauté» le Burkina Faso, d’une canicule, que même celle du désert du Kalahari ou du Nevada semble tiède.
Les températures actuelles, qui oscillent de 45 à 47 degrés, voire plus, si elles doivent se maintenir tout le long de ce mois d’avril, risquent de rendre particulièrement pénible cet acte de foi des musulmans (on attend avec impatience une éventuelle «pluie des mangues» pour adoucir l’atmosphère). Le mois d’avril n’était pas particulièrement clément du ce côté-ci de l’équateur. Mais l’effet des changements climatiques n’a cependant pas particulièrement arrangé les choses ! Moralité : ceux qui pensent que l’effet de serre, les histoires de climat sont affaires de l’Occident doivent revoir leurs copies.
Mais il ne faut pas oublier la force de la foi. Les prières de ces âmes qui font acte de contrition pourraient bien faire pencher la balance climatique vers des positions plus clémentes sur le thermomètre. Des pluies bienfaisantes pourraient bien s’inviter de temps en temps pour atténuer la peine des fidèles jeûneurs.
Il restera maintenant la question de la pandémie de coronavirus et ses effets pervers sur la bonne marche de l’ensemble de la communauté mondiale. Si ailleurs, le sujet du confinement pourrait remettre sur la table les prières en collectif, au Burkina Faso, ce ne sera pas le cas. Les autorités sont plutôt optimistes au regard des chiffres sur le Covid-19. Il restera toutefois en ligne de mire le pèlerinage à la Mecque qui est conditionnée par le vaccin contre ce mal sournois et paralysant. Sans aucun doute que les prières seront aussi dirigées vers le Très-Haut afin que le gouvernement accélère le processus d’acquisition des doses vaccinales.
En attendant, bon mois de Ramadan à toutes les musulmanes et tous les musulmans du «Pays des Hommes intègres» !
Ahmed BAMBARA


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