Une quinzaine de dirigeants africains triés sur le volet en fonction de leur poids économique et leurs relations commerciales avec la France, Tshisekedi de la RD Congo, Ramaphosa de l’Afrique du Sud, Kagame du Rwanda, Ouattara de la Côte d’Ivoire, … ainsi que des institutions multilatérales se retrouveront demain 18 mai à Paris pour esquisser les sillons d’un Nouveau plan Marshall pour le continent.
Convoqué par Macron, ce jamborée pour relancer les économies africaines, à la peine depuis quelques années, plombées par des dettes himalayennes, qui se sont accentuées avec la Covid-19 et la prégnance du terrorisme, cette réunion de Paris se veut une tentative pour dépêtrer les économies du continent d’un état quasi-comateux, heureusement réversible, à condition que les Africains se démènent aussi.
On aura remarqué que le format de ce sommet déborde largement l’ex-glacis français. C’est la preuve que la France a compris que les partenariats de nos jours dépassent le cadre du passé colonial et tiennent compte des sphères d’influences économiques. Cette raout illustre aussi que la France sait de nos jours, qu’elle n’a plus de chasse-gardée intouchable, même dans son pré-carré. Macron l’avait déjà laissé apparaître de part en part dans le discours de Ouaga en novembre 2017.
Quel New Deal va encore proposer Paris pour les Africains ? La coopération multi et bilatérale a produit des fruits, mais a également montré ses limites. Beaucoup de plans et de projets ont été échaffaudés ou exécutés, mais l’économie africaine est toujours à la traine. La Covid-19 est venue désaxer tout le tissu économique, même en Europe, ce qui a impacté sur la coopération avec le continent dont le cœur bat de plus en plus la chamade pour la Chine devenue le partenaire numéro 1 de nombreux pays africains. Pour que les lignes bougent, il faudra des mesures audacieuses, plus de sincérité dans les relations, un changement dans la gouvernance de plusieurs pays africains …
Que faut-il attendre de ce nouveau plan Marshall ? Faire fléchir les institutions tel par exemple le Puissant Club de Paris d’effacer les dettes africaines ? Très peu probable face à ce groupe informel. Dans ce cas, quel sera le mot de la Chine ? Injecter des milliards dans certains secteurs durement frappés par la Covid-19 ? Où trouver cet argent d’ailleurs ? Changement de format de l’Agence française du développement (AFD) ?
On peut néanmoins affirmer que ce sommet de Paris se veut un petit complément du travail du comité Achille Mbemba, en préparation du rendez-vous France-Afrique qui se tiendra en octobre à Montpellier. Si l’on veut que la France et les Africains se retrouvent pour faire avancer les choses, il faudra commencer aussi par-là. Que cette coopération soit basée sur un socle clair, assez équitable et dépouillée de toute fioriture. Serait-ce le cas pour la rencontre de demain à Paris ? Dans 24 heures, plus rien ne pourra empêcher que ce mardi soit le 18 mai, et on verra.
Sam Chris


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