Projet de création d’un nouveau parti par Laurent Gbagbo : Le FPI n’est plus vendable !

Projet de création d’un nouveau parti par Laurent Gbagbo : Le FPI n’est plus vendable !

Ceux qui espéraient une probable réconciliation entre l’ex-président Laurent Gbagbo et son ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, qui dirige l’aile légale du Front populaire ivoirien (FPI)  depuis 2014 avaient tout faux. Il en est de même pour ceux qui avaient misé sur l’avènement d’un long  bras de fer pour le contrôle du parti.

Aucune de ces deux hypothèses n’est à l’ordre du jour. Hier lundi 9 août 2021, lors de la réunion extraordinaire du Comité central du FPI, l’ex-président ivoirien a proposé la création d’un nouveau parti politique. Selon les déclarations du Woody de Mama, cette décision découle de sa volonté d’éviter une longue bataille judiciaire qui au mieux pourrait constituer une perte de temps et au pire, une voie sans issue.

Cette parabole lancée pour étayer cette option est très évocateur : «Quand tu marches et qu’un obstacle se dresse sur ton chemin, il faut le contourner ou le sauter». C’est donc la voie de la sagesse qui a guidé ce choix de l’ex-prisonnier de Scheveningen. Du reste, Affi N’Guessan, resté très amer pour n’avoir jamais obtenu une audience avec son mentor, avait annoncé les couleurs de la difficile conciliation des positions en condamnant la tenue de ce Comité central qu’il juge illégal. Il ne restait donc plus que l’option du changement de cap, c’est-à-dire la séparation.

Cette proposition du président Gbagbo de créer un nouveau parti met donc fin à un feuilleton qui aura duré sept ans. A y voir de près, c’est un coup de Jarnac politique que le natif de Mama vient de réaliser en décidant de «laisser l’enveloppe aux mains de Affi».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que dix ans après la crise postélectorale qui a endeuillé la Côte d’Ivoire, le label FPI cher à certains des lieutenants de Laurent Gbagbo, est tout aussi essoufflé que plusieurs de ses pères fondateurs, privé de plusieurs cadres dont Aboudramane Sangaré, frappé par les dissensions internes et balloté entre des querelles byzantines n’avait d’autre choix que d’opérer des choix tactiques. Dans la dynamique de l’apaisement et de la réconciliation nationale dont il est l’un des pions essentiels, Laurent Gbagbo fait bien d’éviter un bras de fer contre Affi N’Guessan pour obtenir les documents légaux du FPI. Cette piste improductive, pouvait se retourner contre lui. Laurent Gbagbo en stratège politique l’a si vite compris et a pris les devants avec ce projet de création. Reste à présent de réussir ce virage car après une décennie passée loin de ses terres, l’homme en dépit de tout le «capital expérience» engrangé au cours de sa longue et difficile marche politique et la sympathie dont il jouit auprès de ses compatriotes, sait qu’il n’a plus grand-chose à prouver dans le landerneau politique. A 76 ans bien sonné et après avoir obtenu la grâce inattendue de l’acquittement à la Cour pénale internationale,  Laurent Gbagbo en est conscient et doit travailler à présent à léguer son héritage politique et son aura à une génération plus apte à aller au charbon pour le bien-être des populations ivoiriennes longtemps éprouvées par des situations souvent tendues. En attendant octobre prochain pour voir l’aboutissement de ce projet de création d’un parti, il convient de dire que Laurent Gbagbo vient de marquer de précieux points contre son ex-premier ministre qui risque de voir ses rangs se vider dans les prochains jours.

 Davy Richard SEKONE

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