– Qu’est-ce qui explique que la désignation des membres de la CENI et plus précisément de son candidat-président provoque tant de tambouilles au Congo ?
La CENCO catholique et l’ECC protestante sont arc-boutées contre le choix des 6 autres confessions affiliées à l’Eglise du Réveil sur le choix porté sur Denis Kadima comme candidat-président de la CENI, et pointent l’article 10 de la loi électorale qui stipule que seules les confessions religieuses ayant une expertise avérée en élection ont le droit de le faire. Ce qui a été les cas de l’abbé Appolinaire Malu Malu, et de Corneille Nanga, les ex-patrons de l’administration électorale.
Pas question donc de désigner un candidat-président «vendu» au pouvoir martèlent encore les catholiques et les protestants. Réplique de l’Eglise du Reveil qui elle s’en tient à l’esprit qui vivifie et non à la lettre qui tue de cette loi. Si on en était resté à ces amabilités verbales, on n’aurait peut-être rien à redire, mais des édifices religieux ont été endommagés dans les archevêchés de Kinshasa et du Kasaï le 2 août dernier. La veille, des personnes ont lancé des propos et chants hostiles ad hominem contre le cardinal Fridolin Ambongo à sa résidence de Kinshasa, des objets religieux ont été volés ou vandalisés, bref le prurit politique s’est déteint violemment sur le religieux. Ce qui n’est pas une nouveauté, mais un Rubicon a été franchi ce 15 septembre sous Tshisekedi-fils. En effet voilà que hier donc, une marche de Lamuka, la coalition de l’opposition contre la politisation de la CENI, a été réprimée violemment par les nervis du pouvoir. Pire, les médias, sans lesquels, il n’y a pas de liberté d’opinion, ni de sons différents, ni de démocratie ont subi aussi les foudres des policiers à Kinshasa. Et particulièrement des scènes dignes d’une dictature se sont déroulées sur le Boulevard Lumuba, où apparemment les forces de l’ordre voulaient solder un compte avec les journalistes tels que Actualités CD et particulièrement avec Patience Ligodi, le correspondant de RFI (était-ce par ce qu’il voulait interviewer Martin Fayulu ?). En tout cas Ligodi arrêté a été bastonné et les policiers se sont assis sur lui dans leur véhicule pour l’amener. Y a-t-il une différence avec le policer blanc aux USA, Derek Chauvin qui s’est assis sur le Noir, George Floyd, l’étouffant mortellement ?
Attention Félix Tshisekedi, les griefs qu’on a fait au président Kabila-fils, les turpitudes dans lesquelles son pouvoir était tombé, l’usage abusif de la baïonnette pour se maintenir au pouvoir sont en train de gagner de façon subreptice le tien.
En effet, si le président Tshisekedi a pu installer sa nouvelle coalition, s’emparer des 2 chambres, former son gouvernement, se séparer de son ombrageux allié Kabila, c’est un peu à cause du père, Etienne et son combat avec l’UDPS, mais surtout parceque les Congolais voulaient le changement. Ils ont été accompagnés dans cette lutte par l’Eglise, la CENCO qui a payé le prix fort. Alors qu’il y ait du rififi autour du choix du candidat-président de la CENI, que les différents protagonistes se toisent et que l’opposition fasse entendre sa voix, quoi de plus normal ! Ce sont de tels actes qui ont favorisé l’arrivée au pouvoir de Tshisekedi, lui-même issu de Lamuka ! Alors laisser les forces de sécurité tabasser des démocrates et des journalistes, vouloir les muséler, c’est dénier les principes chers défendus par les Congolais qui ont porté le même «Fatshi» au pouvoir.
Attention donc du côté du locataire du palais de la Nation, la présidentielle c’est dans 2 années en 2023, vous serez candidat, mais évitez la frilosité, laissez la liberté s’exprimer dans le strict respect des lois. Et seul le peuple reste souverain. Ne laissez pas agir de zélés sécurocrates pour qu’in fine votre pouvoir et celui de Kabila soient comme deux gouttes ! N’oubliez pas que le pouvoir corrompt et qu’on peut tout faire avec les baïonnettes sauf s’y s’asseoir.
La REDACTION


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