L’Éthiopie, la Guinée et le Mali seront exclus des pays bénéficiaires de l’AGOA. C’est la décision que s’apprête à prendre la Maison Blanche contre ces trois pays au ban de la Communauté internationale depuis quelques temps. Dans la foulée, le président Joe Biden a pris le soin d’informer le Congrès.
Le principal grief fait à ces pays, reste les «violations brutales des droits humains». A y voir de près, chacun de ces pays à commencer par l’Ethiopie qui mène une guerre sans merci au Tigré y trouve son compte. Face à une rébellion qui lui donne du fil à retordre et des tournis, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed est résolu à employer tous les moyens mêmes les moins conventionnels pour faire rendre gorge à ceux qu’il qualifie «d’aventuriers».
Au Mali et en Guinée, la situation est certes moins dramatique, mais mérite un regard attentionné. Les deux juntes aux manettes sont accusées par la Maison Blanche de fouler aux pieds les droits élémentaires de l’Etat de droit et de tordre le cou à la pluralité des opinions politiques. De l’avis de Washington, ces deux pays sont dans le même bateau. Du reste, face aux pressions sous régionales et internationales les maîtres de Conakry et de Bamako opposent la même rengaine : «Seule la volonté du peuple sera prise en compte».
La ténacité de ces deux juntes est telle que les mesures de restrictions et les sanctions annoncées par l’organisation sous régionale et de l’Union africaine (UA) contre les deux pays n’ont pas obtenu l’effet escompté. Pas même les mesures de gel de fonds contre les putschistes. Aujourd’hui la décision de les suspendre du mécanisme de l’AGOA, semble donner des sueurs froides. D’ores et déjà, Addis-Abeba a exprimé son incompréhension de cette décision de Washington. Mais le verdict est tombé et il va falloir que ces trois pays infortunés s’en accommodent, car les reculades et les rétropédalages ne sont pas dans le vocabulaire des Etats-Unis. C’est donc un tour de vis économique que vient d’effectuer les Etats-Unis. Bien au contraire, ils devront désormais redresser la barre pour se voir de nouveau accepter parmi les bénéficiaires de ce mécanisme.
Davy Richard SEKONE


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