Qui se souvient de Philte Loutaya d’Ouganda, le 1er Africain à avoir déclaré sa séropositivité, et avoir accepté que les médias suivent l’évolution de son mal mystérieux jusqu’à son décès ? Quatre décennies après ce qu’on qualifiait la honteuse maladie des «3 H», comprendre celle des Homo, Héroineman et des Haïtiens, 40 ans après l’apparition du syndrome immunodéficience acquis (SIDA), des victoires ont été engrangées en Afrique, où principalement le mal a fait des ravages.
Mais la pathologie reste une des causes de décès sous les tropiques.
Les statistiques sont parlantes : des millions de victimes d’infectés et d’affectés
680 000 décès liés au VIH en 2020 ;
En 2020, 37,7 millions de personnes vivaient avec le VIH ;
28,2 millions de personnes ont accès aux antirétroviraux en juin 2021.
53% de l’ensemble de personnes vivant avec le VIH sont des femmes et des filles. On peut multiplier les statistiques à l’envie.
La nouveauté est l’arrivée du Covid-19 qui, cumulé au Sud, augmente le risque de décès. Notamment 67% des personnes vivant avec le VIH sont en Afrique subsaharienne, et dans ce lot, moins de 3% ont reçu le vaccin Covid. Or, des études ont mis en exergue la hausse de la mortalité chez un sujet sidéen qui contracte le Covid-19.
Aujourd’hui, avec le coronavirus et ses multiples mutations avec l’Omicron, les inégalités se creusent. Et l’objectif d’éradiquer le SIDA à l’horizon 2030 s’éloigne comme une ligne d’horizon : un état de fait lié aux ségrégations diverses dans la société.
Aux Nations unies, des serments ont été édictés mais, en 2021, l’autre pandémie qu’est le SIDA a été éclipsée par le Covid-19.
C’est pourquoi, en ce 1e décembre 2021, il est fait une piqure de rappel sur l’existence du SIDA, sa virulence, et sa contagiosité, mais les rétroviraux existent.
A l’heure du Covid-19, l’Afrique ne peut pas se permettre «d’oublier» le SIDA. Les dépistages, l’utilisation du condom, l’accès des populations vulnérables aux médicaments qui sont au Nord sont autant de «gestes-barrières» pour emprunter le jargon Covid, pour circonscrire et faire reculer le SIDA. Et les gouvernants sont interpellés.
La REDACTION


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