Les présumés responsables du massacre du 28 septembre 2009 dans le stade éponyme de Conakry seront-ils bientôt dans le box des accusés ?
A l’évidence, cela pourrait être le cas si le retour de Dadis Camara et de Sekouba Konaté se confirmait, eux qui ont eu le feu orange du président du CNRD, le Lt-colonel Mamady Doumbouya pour revenir au bercail, retour assorti au «cas par cas» selon Aminata Diallo, garde des Sceaux. Un come-back passager de «visite», formulé par les 2 ex-chefs d’Etat qui vivent en exil depuis des années et dont Alpha Condé, le président déchu le 5 septembre dernier, a toujours refusé la venue. On se rappelle même que le 25 août 2015, Dadis Camara avait pris place dans un vol régulier d’Air Ivoire pour Conakry, avion qui a été après dérouté par Conakry, car Dadis était indésirable en Guinée.
D’ailleurs, si la question du retour du «Tigre», surnom de Sekouba Konaté, judiciairement ne pose pas de problème, lui qui était pressé à l’époque de remettre le pouvoir, et qui a pesé de tout son poids pour que la Transition aboutisse, aidé par la médiation de Blaise Compaoré, par contre, le cas de Dadis est du point de vue justice très délicat.
Lui et 11 de ses compagnons, dont son redoutable ex-aide de camp, Toumba Diakité qui a failli lui ôter la vie, et l’influent Tiegbora Camara sont accusés d’avoir perpétré ce massacre à huis-clos. En ce jour funeste du 28 septembre 2009, alors que les forces vives de l’opposition manifestaient contre la volonté de l’ubuesque Dadis Camara de se présenter à la présidentielle, soudain, ce fut l’enfer, les sicaires de Dadis tirèrent sur eux, laissant sur le carreau 157 victimes, violant 109 femmes et filles, lesquelles sont restées depuis 12 ans dans une position quasi-christique tout en réclamant la justice de toute leurs tripes.
Des leaders de l’opposition comme Cellou Dalein Diallo, Sidiya Touré, Jean-Marie Doré, seront blessés, mais auront la vie sauve grâce à des gendarmes qui les exfiltreront dans ce mouroir instantané.
12 ans après cette tuerie, cette violence politique, et face à l’injonction de la CPI qui a donné 3 mois aux autorités guinéennes pour juger cette affaire, l’espoir renaît auprès des familles des suppliciés, surtout de ces mater dolorosa, tuées ou violées par des objets contondants qui attendent depuis Mathusalem.
Certes, cet ordre de Karim Khan, procureur de la juridiction supranationale sise à La Haye suscite des interrogations car il intervient au moment où la CEDEAO pousse à la roue Doumbouya et son pouvoir d’organiser rapidement des élections, tout en les infligeant de sanctions.
Un tel procès doit se tenir dans des conditions sereines ; or, la priorité pour le CNRD est de remettre tout à plat, pour doter la «Guinée d’un système politique consensuel qui survivra pendant longtemps», avant de tenir le scrutin.
Néanmoins, la concomitance de ces 2 faits fortuits, ne peut que faire poindre l’espérance d’un enrôlement de ce dossier. Les Guinéens sont enclins à le croire, car les infrastructures et les logistiques pour ce procès avancent, selon l’ex-président Condé, ensuite, même si la junte ne veut en aucun cas s’immiscer dans cette affaire, s’il advenait que la Transition prendra du temps, il faudra intégrer le procès «Massacres du 28 septembre», d’autant que la «justice sera notre boussole», avait martelé Mamady Doumbouya, lors de son pronunciamiento mantra, qu’il n’a eu de cesse de répéter.
Au demeurant, la CPI a fait savoir que si d’ici les 90 jours il n’y a pas de procès, elle s’en chargera. En quoi faisant ? Procédera-t-elle à une demande d’extradition de l’illustre exilé guinéen du quartier huppé de Ouaga 2000 ? Une commission rogatoire avait déjà été envoyée pour l’auditionner au Burkina. Où compte-t-elle le juger à Ouaga ? Peu probable !
En tout état de cause, 12 ans après, il est plus que temps de juger ce «massacre» car on l’a vu avec le procès emblématique de Thomas Sankara qui se déroule actuellement à Ouagadougou, plus le temps passe, plus on aura la vérité de la justice, mais suûrement pas des faits et encore moins, les vrais coupables seront jugés ou condamnés. Le temps, le long temps fait souvent qu’il y a crime, mais pas de châtiment. Il faut éviter que ce soit le cas du 28 septembre en Guinée l
La REDACTION


COMMENTAIRES