La grand-mess sur la paix et la sécurité a ouvert ses portes hier 6 décembre à Dakar. Traditionnelle rencontre de chefs d’Etat et de responsables pour parler sécurité et problématique de la paix, le millésime 2021, a vu la question sécuritaire être bousculée par un petit virus mutant : Omicron.
Bien sûr la matrice originelle de ce forum telle que l’avait voulue François Hollande en 2013, lors du 1er raout, demeure, c’est-à-dire penser la paix et la sécurité au sein d’un cénacle de décideurs, mais au fil du temps, les problèmes contemporains sont venus se greffer aux 2 thèmes habituels.
Cas de la cuvée 2021 avec l’Omicron, qui s’est invité via le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, furieux des mesures drastiques prises à l’encontre de l’Afrique australe, et surtout de la Nation arc-en-ciel, où sévit ce variant du Covid-19.
«Discriminatoire et contre-productif» sont l’isolement de l’Afrique du Sud, c’est par ces vocables que Macky Sall a apporté son soutien à son homologue sud-africain.
L’hôte de ce 7e Forum sur la paix et la sécurité a d’ailleurs relevé que de telles sanctions inhibent la volonté des autres pays qui ont séquencé un nouveau variant à appliquer la loi de l’Omerta.
Du reste, même au Sénégal, 3 cas de Omicron ont été identifiés et c’est quasi-certain que ce petit mutant a déjà franchi bien des frontières du continent. Mais si Omicron a bousculé le thème du jamborée, celui-ci est tout de même resté au cœur de cette rencontre : l’urgence selon le président sénégalais est dual, sanitaire et économique, auxquels s’ajoutent d’autres pathos que sont le changement climatique et le terrorisme. L’insécurité est aujourd’hui un des ventres mous de l’Afrique, et pour le chef de l’Etat du pays de la Téranga, il faut allier moyens et diplomatie. «La sécurité n’a pas de prix, mais elle a un prix», a-t-il martelé, allusion à revoir les budgets en matière de lutte contre le terrorisme.
Sur ce plan, à vrai dire, ce n’est pas ce qui a souvent manqué. Au Burkina par exemple, le Budget de la Défense a été revu à la hausse depuis que sévit le terrorisme, mais et comme l’a révélé le drame d’Inata, c’est le dilettantisme et une mal-gouvernance, qui sont les causes aussi de l’inefficacité des forces anti-terroristes. Une enquête administrative pour situer les responsabilités d’Inata d’ailleurs a été exigée par le chef de l’Etat, laquelle enquête a accouché d’un rapport remis le 30 novembre dernier à Roch qui l’a récusé, pour insatisfaction, renvoyant les enquêteurs à mieux l’étoffer et le circonstancier, et à le lui retourner dans 10 jours.
Evidemment, revenant à Dakar, on peut dire que vu la dégradation exponentielle de la situation sécuritaire au Sahel, et l’hydre qui renifle les côtes maritimes avec les attaques de Kafolo (Côte d’Ivoire), Kpendjal (Togo) et Porga (Bénin), avec ces équipées terroristes, Dakar n’est pas une réunion de plus pour réchauffer les plats. Et, c’est toujours ça de gagné que de se concerter, même si dans cette ambiance de crises politico-sociales, nimbées de reflux anti-troupes étrangères pour ne pas dire françaises, et une réelle incapacité de gouvernants à fixer souvent un cap de combat et à s’y tenir, dans cette atmosphère donc, Dakar s’avère toujours une bonne piqure de rappel que face aux crises protéiformes, seule l’unité dans l’action peut sauver, ou préserver un continent qu’on dit pourtant être celui de l’avenir. Encore faut-il le dépêtrer de tous ces problèmes récents et rédhibitoires. Ces 6 et 7 décembre, les Macky Sall, Cyril Ramaphosa, Mohamed Bazoum, Umaro Embalô… en ont sûrement une claire conscience. Reste à impulser des actions salvatrices.
La REDACTION


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