Manifestations du 27 novembre : 12 à 24 mois de prison et des amendes requis contre Hervé et Cie

Manifestations du 27 novembre : 12 à 24 mois de prison et des amendes requis contre Hervé et Cie

Après le renvoi du 8 décembre dernier, le procès des organisateurs des manifestations du 27 novembre 2021 s’est ouvert au Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou. C’est dans une salle comble et dans une ambiance électrique que s’est déroulé l’audience.  A la barre, les cinq prévenus (Mathias Tankoano, Adama Tiendrébéogo, Hervé Ouattara, Baguian Karim dit Lota, Mamadou Drabo) poursuivis pour des faits d’organisation de manifestation illicite qui ont conduit à la destruction de biens publics, ont plaidé non coupables et ne reconnaissent pas les faits à eux reprochés. Devant le tribunal, les organisateurs ont confié  avoir mûri l’idée depuis le cimetière de Gounghin lors de l’inhumation des victimes de l’attaque d’Inata. Pour eux, le massacre des gendarmes en poste à Inata constitue le drame de plus. C’est donc l’onde de choc suscitée au sein de l’opinion qui a poussé le mouvement de la Libération du Burkina Faso, le Mouvement Sauvons le Burkina et le Mouvement populaire Sauvons le Burkina à appeler par voie de presse à des manifestations et marche le 27 novembre 2021.

Tour à tour, les cinq accusés ont défendu leur position et se sont expliqués devant le tribunal. Le ministère public (parquet) a demandé une condamnation allant de 12 à 24 mois de prison suivie d’une amende d’un million de F CFA pour les 5 prévenus. Le verdict du tribunal est attendu le mercredi 22 décembre 2021. A la fin de l’audience, les avocats de la défense ont, d’une seule voix dénoncé des poursuites inappropriées. «Ces poursuites sont mal appropriées. Techniquement, aucune infraction ne peut être retenue contre nos clients. Ce n’est pas parce qu’il y a eu vandalisme que du point de vue de la loi, nos clients peuvent être condamnés pour organisation de manifestation illicite ou interdite…». «J’ai le sentiment que notre pays a un problème avec les droits individuels, avec les droits collectifs, notre pays a un problème avec les activistes. On se trompe d’ennemi et moi je pense que cela va nous conduire à l’hécatombe. Au lieu de remercier des gens qui vous interpellent en disant, on vous a compris, c’est le contraire. On dit on ne peut pas combattre les djihadistes, mais vous en tout cas (les activistes ndlr), on peut vous combattre et la seule façon de vous combattre on connait, on va vous foutre en prison», s’est indigné maitre Prosper Farama, avocat de la défense.

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