Ceux qui avaient misé sur un report de la CAN 2021 que le Cameroun s’apprête à abriter du 9 janvier au 6 février 2022 devront revoir leur agenda. Après plusieurs jours d’hésitations, d’incertitudes marquées par des pressions de tous ordres, la Confédération africaine de football (CAF) par la voix de son président, Patrice Motsepe, a levé tout équivoque sur la tenue du rendez-vous footballistique continental. Hier mardi 21 décembre 2021, dans l’après-midi, le patron de l’instance du football africain a mis fin au suspense et à la polémique. «Je serai là le 7 janvier, et je viens pour regarder du football. Je viens le 9 janvier, voir le match Cameroun-Burkina Faso», a-t-il déclaré sans ambages à la sortie de l’audience qu’il a eue avec le président Paul Biya.
Ainsi donc, la CAF n’a pas cédé aux injonctions de report de la FIFA et de l’Association des grands clubs européens qui souhaitait faire capoter cette biennale. Dans ce qui s’était mué en bras de fer inopportun, Gianni Infantino, le président de la FIFA et l’Association européenne des clubs (ECA), n’ont donc pas obtenu gain de cause. Eux qui brandissant la menace de la fulgurance du variant Omicron, avaient dans un premier temps, sommé les dirigeants du football africain de reporter la CAN en 2023, (alors même que cette compétition a déjà été reportée), ont donc échoué. Dans leur intention funeste, les clubs européens réunis au sein de l’ECA ont même poussé l’outrecuidance de menacer d’empêcher leurs joueurs évoluant sur le vieux continent de fouler le sol camerounais. Face à ce que d’aucuns qualifiaient d’actes de sabotage ou de complot contre l’Afrique, des voix et pas des moindres (dont celui de l’ancien Lion indomptable et nouveau président de la FECAFOOT) Samuel Eto’o Fils, le Burkinabè Aristide Bancé et le Sénégalais Habib Beye se sont élevés pour dénoncer le «mépris» manifesté à l’endroit des Africains.
Ce n’est pas la dernière fois que des pressions de ce genre seront exercées sur la CAN, mais pour ce coup-ci, il est clair que cette offensive conduite par la FIFA et l’ECA n’a pas produit l’effet escompté. Fin de suspense mais pas fin du match, car la lutte pour maintenir la CAN à cette période de l’année s’annonce rude et longue.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis l’élection de l’Italo-Suisse, Gianni Infantino à la tête de la FIFA, les dangers n’ont eu de cesse de planer sur la CAN. Entre la Coupe d’Europe, la Copa América et la Coupe Arabe qui vient de se jouer au Qatar qui génèrent des millions de francs et la CAN moins nantie, le choix est vite fait. En clair, le business a pris le dessus sur le charme du football moderne. Mais doit-on sacrifier toutes les passions que déchaine le sport roi sur l’autel du profit ?
Pour sûr, après les multiples péripéties qu’a connues cette édition de la CAN prévue au Cameroun, plus rien ne sera comme avant et l’Afrique, à commencer par le Cameroun, devra mettre les bouchées pour marquer les esprits et faire taire les plus sceptiques. Cela passe par une organisation sans faille de ce rendez-vous très attendu de part et d’autre. Pour ce faire, il faudra répondre présent et se montrer très regardant, au double plan sécuritaire et sanitaire mais aussi infrastructurel pour garantir un spectacle digne de ce nom. C’est à ce prix que l’Afrique pourra franchir un palier en terme d’organisation. Le pays des Lions indomptables est plus que donc prévenu, il n’y aura plus de place pour les tergiversations, les fourberies et les approximations grossières. La perfection dans l’organisation de cette CAN sera la principale règle!
Davy Richard SEKONE


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