Coup d’Etat au Burkina: Voici venus les jours du MPSR avec le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba

Coup d’Etat au Burkina: Voici venus les jours du MPSR avec le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba

Après plusieurs jours d’embrouillamini total à Ouagadougou, le visage du nouvel homme fort est connu : c’est le lieutenant-colonel Henri-Paul Sandaogo Damiba ! Son discours de prise de pouvoir a été lu hier sur le coup de 17h 35 GMT par le capitaine Sidsaoré Kader Ouédraogo au nom du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) quelque 1 heure après le jet d’éponge officiel de Roch. Exit le pouvoir du MPP ! En dépit des communiqués et infos de source prétendument A, de la mise en garde de la CEDEAO, et de l’exigence de l’UE de libérer Roch, le putsch au Burkina est bien plié. Reste à en déterminer les modalités de sa conduite Les militaires ont pris la chose et si le pronunciamiento initialement prévu pour hier 13 heures n’a pas eu lieu, c’est que les différentes casernes ont pinaillé sur le nom de celui qui va diriger cette transition. En effet, les mutins ont vraisemblablement pu agglomérer plusieurs casernes à leur cause à l’exception de la gendarmerie notamment le camp Paspanga, où ont trouvé refuge le Premier ministre Lassina Zerbo et le président de l’Assemblée nationale, Bala Sakandé et certains ministres. Ainsi, l’élargissement du général Gilbert Diendéré (qui pourrait être en résidence surveillée) et d’autres prisonniers militaires qui étaient au camp Sangoulé Lamizana sont semble-t-il actés ou en voie de l’être de même qu’un probable retour de Yacouba Isaac Zida du Canada pour son éventuelle réhabilitation (il avait été radié des effectifs de l’armée) toutes choses qui doivent participer à l’union sacrée de la grande muette, pour guerroyer contre le terrorisme. Les violons se sont finalement accordés sur le lieutenant-colonel Damiba (compagnon d’arme d’Emmanuel Zoungrana, emprisonné depuis le 11 janvier pour …tentative de coup d’Etat) pour diriger ce pouvoir intérimaire. En vérité, les casernes qui ont cautionné le putsch, ont bien donné des shorts lists pour ce poste régalien mais in fine 3 se dégageaient : ceux des lieutenants colonels Emmanuel Zoungrana et Paul-Henri Sandaogo tous deux de la même promotion 92 de la réouverture du Prytanée militaire du Kadiogo (PMK) mais aussi d’un 3e haut gradé qui tenait également la corde. En fait, les militaires veulent laver leur linge sale en famille, sauf pour le gouvernement de Transition dans lequel, ils devraient faire appel à des civils compétents même ceux issus de l’ancien régime Compaoré. Une Transition à «durée raisonnable», selon le communiqué n°1 du MPSR devrait voir le jour. 12 mois ? 18 mois ou 2 ans ? Il se pourrait qu’ils réchauffent les papiers de 2014 pour faire une Transition courte (n’excédant pas 2 années) et qu’ils fassent des réformes hardies dans le sens de la réconciliation. Et même des solutions avec les terroristes. Alors que vont faire le lieutenant-colonel Damiba et ses compagnons ? En tout cas, ce 3e putsch de la sous-région qui montre qu’il y a bien désormais un Manuel de coup d’Etat 2.0 (différent des coups vintage traditionnel) dont le protocole (dit protocole de Mugabé) a été appliqué au Mali et qui consistent en : pourrissement de la situation sécuritaire et socio-politique, itératives marches populaires exigeant au pouvoir de dégager car quand le peuple ne se satisfait plus de toutes les têtes qui tombent (remaniement, congédiement de responsables militaires…) la seule qu’il est en droit de demander est celle du chef. Et enfin, rescousse de l’armée qui arrive en Zorro. Scénario similaire au Burkina. Evidement, l’impératif pour le MPSR reste le terrorisme avec 2 000 victimes (dont 500 FDS) avec les abjections de Solhan et d’Inata et 1,5 million de déplacés internes. Et ensuite la réconciliation nationale. Sans oublier que le pays a touché le fond et économiquement (avec le Covid-19) les Burkinabè sont à bout de souffle. En attendant, le couvre-feu a été ramené de 21 h à 5 h 00 et les frontières sont fermées, le gouvernement et l’Assemblée nationale dissouts et la Constitution suspendue. On attend beaucoup du lieutenant-colonel Damiba et du MPSR et rapidement. Mais pour la démocratie, c’est encore une fin momentanée .

La rédaction

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR