9e coup d’Etat au Burkina depuis 1960 : Mon lieutenant-colonel-président Damiba, au-delà des dorures de Kosyam, la Nation au-dessus de tout !

9e coup d’Etat au Burkina depuis 1960 : Mon lieutenant-colonel-président Damiba, au-delà des dorures de Kosyam, la Nation au-dessus de tout !

Salif Diallo l’éminence grise du pouvoir de Roch (décédé en août 2017) avait lâché comme un oracle  avec le langage sans fioritures qu’on lui connait que «si le gouvernement MPP ne travaillait pas avec audace et imagination pour satisfaire les aspirations du peuple, il n’aura pas la même chance que Blaise Compaoré»

Le Machiavel du Yatenga avait compris que les idéaux de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 étaient irréfragables et ne devaient souffrir d’aucune dérogation. Le Richelieu de la bourrasque qui déboulonna l’ancien deus ex machina politique du Burkina de ces 30 dernières années, savait que la politique n’est point le lieu de la félicité encore moins des bondieuseries ! Roch était-il sur la même longueur  d’onde que Salif Diallo ? Pas si sûr. Il n’ignorait pas qu’on ne blague pas avec le peuple, et le pouvoir déchu semble orphelin de «Gorba» autre surnom de Salif Diallo même si c’est connu que nul n’est indispensable. Mais l’homme avait cette capacité à être très pragmatique et son absence a laissé certains feux consumer doucement le régime MPP jusqu’à ce fatidique 24 janvier 2022.

Néanmoins, il faut rendre hommage à Roch qui a fait ce qu’il a pu, avec l’insigne faiblesse de croire qu’il avait le temps, son tempérament étant celui d’un président de temps de paix ! Mais pas en temps de  guerre alors que le pays est en guerre et même une guerre pas comme les autres. Il lui fallait revêtir le Faso Dan Fani de père de la Nation, rassembler, commander et porter l’espoir, en un mot habiter la fonction avec  ce qu’elle comporte comme servitudes et détachement et surtout absence d’état d’âme.

Il faut se réjouir que son intégrité physique soit intacte et demander que la junte veille sur lui et sa famille.

Quid de l’avenir du Faso ?  Il faut prendre le MPSR à la lettre de sa Déclaration : c’est-à-dire un nouveau départ pour le Burkina dans l’union, la reconquête du territoire et la restauration de tout ce qui va en lambeaux.

Evidemment, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba doit avoir une claire conscience que son état de grâce est étriqué.

Ces dernières heures, il est porté aux nues, adoubé par des populations désespérées qui voient en lui le sauveur, la bouée de survie de celui qui se noie, mais il doit vite comprendre que cette foule en liesse versatile par nature, qui s’est rassemblée à la Place de la Nation et ailleurs pour le louanger, n’est pas animée des mêmes intentions : il y en a qui sont sincères et d’autres viennent avec des calculs et c’est au MPRS de faire le distinguo.

Le lieutenant-colonel-président Damiba  doit avoir le discernement nécessaire pour faire la part des choses entre les opportunistes et  les situationnistes qui peuvent l’enfermer dans le piège de l’entourage. Le fameux voilier de Psaphon du nom de ce roi dont tous les oiseaux chantaient les louanges et qui s’est réveillé un jour pour se rendre compte du délabrement extrême de son royaume !

Le pouvoir enivre et très vite les lambris dorés de Kosyam peuvent s’avérer une tour d’ivoire d’où ne sortent que ce que certains zélotes ne veulent qu’ils entendent. Et même qu’il peut y avoir entre temps des divergences avec des proches avec qui ils ont pris le pouvoir mais le président Damiba doit tenir bon et avoir l’intérêt suprême de la Nation comme boussole.

Ça tombe bien, les putschistes du 24 janvier sont des officiers et sous-officiers  quadra et quinqua bien instruits pas des para-colo sac-à-dos et on peut les créditer de bon sens  du leadership. Une transition ne peut pas tout faire et  ce n’est d’ailleurs pas sa vocation mais elle doit implémenter des valeurs, créer la matrice pour un nouveau et bon départ ; en l’espèce la récupération de pans du territoire, le retour des déplacés internes dans leurs localités, le rétablissement de la confiance et d’une chaine de commandement acceptée dans l’armée suffisent déjà à dépêtrer le Burkina de la gadoue sécuritaire et sociale. 

Si on y adjoint l’éradication d’une justice instrumentalisée et l’absence de chasse aux sorcières et d’humiliation des vaincus, pas de mépris ni arrogance et enfin la mise en place d’une ossature claire  pour renouer avec l’Etat de droit, c’est déjà des signaux forts pour la renaissance d’un Burkina Faso que nous aimons tous.

La rédaction

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