Retour sur la première adresse du lieutenant-colonel Damiba : Du convenu avec un brin d’espoir

Retour sur la première adresse du lieutenant-colonel Damiba : Du convenu avec un brin d’espoir

Il était très attendu. Quatre jours après sa prise du pouvoir, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), chef de l’Etat, s’est adressé à la nation. Dans la forme, c’est un discours au ton un peu saccade, empreint d’émotion qui a été servi aux Burkinabè. Pour son baptême de feu médiatique, le nouvel homme fort du Pays des hommes intègres qui se savait très attendu a su peser et soupeser les mots de cette adresse.

Dans le fond, l’impression qui se dégage, c’est que ce discours inaugural  du nouveau chef de l’Etat burkinabè, avait du convenu : lutte contre le terrorisme, restauration de l’intégrité, valeur cher au Burkina Faso (galvaudée durant ces dernières décennies), amélioration du quotidien des Burkinabè pour un développement harmonieux, main tendue à l’endroit des partenaires internationaux à accompagner le nouveau processus, respect des engagements et accords bilatéraux et multilatéraux.

Comme le commandait la prudence, aucun calendrier ou projection électorale n’a été dévoilé, même si nombre d’observateurs et partenaires s’y attendaient le moins. Dans le contexte actuel, il était hasardeux et risqué de se lancer dans des projections de ce genre et le lieutenant-colonel Damiba le sait bien et on ne peut en aucun cas lui tenir rigueur. Dans un pays occupé à près de deux tiers, parler d’élection relèverait de l’irresponsabilité. Ainsi, comme il l’a souligné,  l’urgence commande donc de procéder à la reconquête des pans entiers du territoire passés aux mains des groupes armés terroristes, avant de parler de vote. L’argument est de taille ! Cependant, le colonel-président doit se rappeler qu’une Transition est toujours prescrite dans un temps donné avec une feuille de route bien claire. Et la principale mission de ce pouvoir intérimaire qu’il incarne désormais, doit mettre les choses sur les rails et les points sur les i avant de céder la place à un pouvoir élu pour la réalisation. Toute autre perspective pourrait être assimilée à un fourvoiement.

Davy Richard SEKONE

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR