Tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau : Les militaires veulent tout le pouvoir en Afrique de l’Ouest !

Tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau : Les militaires veulent tout le pouvoir en Afrique de l’Ouest !

Qui sera le suivant ? Est-on tenté de se demander après la tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau, intervenu le 1er février 2022, soit 8 jours seulement après celui du Burkina-Faso. Certes, la Guinée-Bissau détient d’ailleurs le même nombre de coups d’Etat réussis ou avortés depuis 1960, soit 9 au total, même si avec leur fréquence à Bissau fait qu’on peut parler de retour aux vieilles amours.

Du coup d’Etat du 14 novembre 1980 du général «Nino Vieira» contre Luis Cabral, jusqu’à celui du 12 avril 2012 qui déposa le premier ministre Carlos Gomez en passant par le sanglant putsch du 2 mars 2009 qui tua le président Nino Vieira, l’interminable instabilité politique a toujours caractérisé cet Etat taxé de narco-Etat, avec une dominance de l’ethnie Balante dans l’armée.

Ces putschs 2.0 sont marqués par quasiment le même mode opératoire : encerclement du président avec son gouvernement, de préférence, en plein Conseil des ministres ou en réunion, à moins que ce ne soit une capture pure et simple du chef de l’Etat (cas Alpha Condé en Guinée-Conakry ou même IBK au Mali), le tout précédé de revendications corporatistes agrémentés de tirs nourris dans les casernements militaires. Le point d’orgue est la démission écrite du déchu détenu en «lieu sûr» qui signe la réussite du coup. Et le tour est joué !

En tentant hier de prendre le pouvoir à Bissau alors que le président Emballo Sissoco était en conclave avec des ministres à quelques encablures de la capitale, les militaires essayent des remake malien ou burkinabè. Dommage. Mais signe que la soldatesque veut le pouvoir, tout le pouvoir car déjà que les militaires dans nos pays sont un Etat dans l’Etat.

Selon des sources locales, des coups de rafale de fusil ont transformé hier Bissau en une arène de combat entre militaires mutins et loyalistes. Naturellement, la CEDEAO qui tenait un pré-conseil, avant celui de demain 3 février à Accra consacré au cas burkinabè suivait ça de près, laquelle CEDEAO a condamné cette tentative de déstabilisation en Bissau, et ce dernier cas, indubitablement pèsera sur la balance des décisions relatives à la situation au Burkina. Il est vrai qu’au regard des rapports des émissaires internationaux qui ont séjourné à Ouagadougou, la junte au Burkina pourrait bénéficier de circonstances atténuantes, à tout le moins d’un sursis.

En tout cas, le président Emballo avait tort, lui du haut de son grade de général d’armée touché par la grâce des urnes, qui estime que son pays a désormais fermé la parenthèse des coups d’Etat. Un coup d’Etat bissau-guinéen qui a soulevé des interrogations. Nombreux sont ceux qui se demandent si c’est la croisade du président contre les trafiquants de drogue ou son attitude à l’égard des putschistes qui lui vaut ce coup pendable. A moins que ce ne soit carrément une volonté des soldats de vouloir régenter la sous-région alors il faudra chanter le requiem de nos démocraties même imparfaites. En tout cas, le miraculé Emballo après cette chaude journée a pris la parole, pour montrer qu’il a échappé au putsch, et qu’il est bien vivant et a surtout la situation en main.

La REDACTION

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