La situation politique qui prévaut au Burkina Faso sera de nouveau au menu d’un sommet extraordinaire de la CEDEAO. Après le double passage des Chefs d’état-major et des diplomates des pays membres de la CEDEAO, dans la capitale burkinabè où ils ont pris langue avec les nouveaux maîtres du pays, et pris le pouls de leurs intentions, les chefs d’Etat ont rendez-vous à Accra ce 3 février 2022. Après le sommet par visioconférence du vendredi 28 février dernier, qui avait suspendu le pays des hommes intègres des instances de l’organisation sous régionale, quelle sera la posture des présidents ouest-africains vis-à-vis du Burina Faso ?
Les premiers contacts avec les responsables du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) qui ont montré des gages de bonne volonté à leurs hôtes, peuvent-ils peser dans la balance des chefs pour éviter que le Burkina subisse le courroux de la CEDEAO? C’est connu, la Charte de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance se veut inflexible face aux putschs dans la sous-région, mais force est de reconnaitre qu’en dépit de cet épée de Damoclès qui plane sur leurs auteurs, les coups d’Etat sont de retour dans son espace. Les cas malien et guinéen ont fini par faire tache d’huile au Burkina Faso. Et au moment où ces lignes étaient tracées, la Guinée-Bissau vivait au rythme d’un coup de force que fort heureusement, l’armée loyaliste a repoussé. Ce printemps des coups d’Etat interpelle les dirigeants de la CEDEAO à revoir leur copie en œuvrant beaucoup plus en amont pour faire barrage à la vague soldatesque qui s’étend progressivement.


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