30 ans requis contre Blaise Compaoré jugé in absentia : Le tribunal embouchera-t-il le  réquisitoire du parquet militaire ?

30 ans requis contre Blaise Compaoré jugé in absentia : Le tribunal embouchera-t-il le  réquisitoire du parquet militaire ?

4 mois après le début de ce procès hors norme, tant par l’envergure du dossier que par celle des accusés, 4 mois après le commencement du jugement du régicide du 15 octobre 1987 au Burkina Faso, et après la fin des plaidoiries des parties civiles intervenues le 7 février dernier, le procureur militaire a requis de nombreuses peines pour les accusés, notamment 20 ans contre le général Gilbert Diendéré, de même que celui qu’on appelle la «taupe» de la sécurité de Sankara, Bossobé Traoré, et des relaxes, il y en a eu aussi, telles celle des médecins-colonels Alidou Diébré et Hamado Kafando, qui ont délivré le certificat de décès polémiqué de Sankara.

Mais le réquisitoire qui aura retenu l’attention est naturellement celui à l’encontre de Blaise Compaoré, jugé par contumace, et dont la peine de 30 ans a été requis par le parquet, et la même peine évoquée contre Hyacinthe Kafando le présumé meneur de l’équipée mortelle du Conseil de l’Entente d’il y a 36 ans. Ce ne sont que des réquisitoires du procureur, et en ce qui concerne l’ex-président Blaise Compaoré, on s’y attendait, car lorsqu’on est jugé in absentia  on risque gros, selon le principe trivial que les «absents ont tort », circonstance aggravée lorsque c’est un procès criminel et militaire. Les avocats de l’illustre exilé de la zone des Ambassades d’Abidjan ont toujours dénoncé un procès politique, avec une justice aux ordres, et par conséquent, l’ex-maître du Burkina Faso a toujours refusé de déférer aux convocations de la justice de son pays.

En attendant, la parole sera à la défense dès le 1er mars prochain. Des conseils qui essayeront de démontrer que les chefs d’accusations, crime et recel de cadavre ne sont pas fondés, et de facto à atténuer le réquisitoire du parquet.

Cependant, avec ses 120 jours, et rétrospectivement en examinant les minutes du procès, la soif des Burkinabè n’est pas assouvie, quant à la vérité historique.

Quand on écoute le général Gilbert Diendéré, qu’on a présenté comme «l’accusé VIP» selon les mots de Ernest Nogma Ouédraogo, ex-ministre de l’Administration territoriale de Sankara, quand on écoute le général haut de forme, il est resté droit dans ses rangers, qu’il n’a été ni le bras séculier, ni l’instigateur de l’assassinat du fringant capitaine burkinabè.

Un général Diendéré qui déjà condamné à 20 ans pour le coup d’Etat du 15 septembre 2015 n’a pas fait apprendre grand-chose, que certains ne savaient déjà.

Blaise Compaoré absent du box des accusés, l’adjudant-chef Hyacinthe Kafando en cavale, rien d’irréfragable n’est sorti d’une bouche d’accusé (ou de témoin) pour étayer qui véritablement a tué Sankara. On se retrouve donc avec un chef d’Etat assassiné sans assassin même  si les parties civiles, des ex-compagnons du jeune leader marxisant burkinabè indexent tantôt Blaise, tantôt Diendéré ou Kafando. Certes, le crime a largement profité à Compaoré, car ce n’est pas pour rien que si le 15 octobre signe la mort de Sankara, il fonde le pouvoir de son tombeur.

Vérité judiciaire donc, mais faits et indices accablants, et témoignages pour restituer la vérité historique, point ! En attendant le 1er mars 2022, la seule consolation résidera peut-être en cette catharsis que constitue ce procès en lui-même qui aura permis d’écouter certains acteurs de cette tragédie, de connaître un pan de vérité ou même l’écume des vagues et ceci permettra, on l’espère aux Burkinabè de tourner la page Sankara, à sa femme Mariam et ses enfants et sa famille de faire le deuil, et surtout à perpétuer les idéaux de cette légende gravée dans le panthéon populaire lesquels idéaux sont basés sur des choses simples et pratiques pour sortir le Burkina du sous-développement .

La REDACTION

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