C’est le lieutenant-colonel Daba Naon, qui, le samedi 26 février a donné de la voix pour expliquer ce qu’est le MPSR, et ce qu’il n’est pas. «Le président du MPSR est le président de la Transition», a-t-il lâché lors de ce point de presse à la veille de l’examen et de l’adoption de la Charte, remise au lieutenant-colonel Damiba le 23 février dernier.
Ce matin 28 février en effet, des personnes triées sur le volet dans la fournée des Forces vives et des déplacés internes de la Nation passeront au crible le drapt relatif à la Charte qui doit régir la Transition au Burkina. Plus d’un mois après le coup d’Etat qui a renversé Roch Kaboré, le président élu, les choses s’accélèrent. Ce n’est pas trop tôt car le Burkina semble être sur cale !
Ces assises inclusives qui doivent déterminer la feuille de route de la Transition sont prévues durer en gros 5 heures. C’est de 9 heures à 14 heures aujourd’hui que les personnes commises à cette tâche vont éplucher le document et l’adopter ! ça fait un peu bref, car ces examinateurs ont beau être des Stakhanov de la lecture, 5 heures de temps, c’est trop restreint, d’autant qu’ils doivent amender, élaguer, biffer bref c’est un travail de bénédictin qu’on ne peut pas réaliser à la va-vite.
Surtout que c’est lors de ces assises que devra être déterminée la durée de Transition, qui devra être corelleé à l’éradication du terrorisme et manifestement, c’est le temps de 24 mois qui revient. Après cette adoption de la Charte, le lieutenant-colonel Damiba sera investi, une investiture que d’aucuns estiment à un barbarisme judiciairement, car comme le disait Luc Marius Ibriga, patron de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption, «Damiba a déjà prêté serment sur la Constitution…si à son investiture il prête sur la Charte, ça fait problème, s’il ne le fait pas, ça veut dire que rien dans cette charte, rien ne l’engage».
Avec l’affaire Ibrahim Maïga, le processus d’adoption de la Charte, ce sont quelques couacs à l’allumage du MPSR, lequel sera dissous après cette cérémonie, sinon Damiba aura jusqu’à présent fait un sans-faute, réussissant à ne pas se faire taper par la CEDEAO et la Communauté internationale, et comme l’écrit Jeune Afrique, des 3 putschistes de la sous-région, Damiba est le «fréquentable», Doumbouya «l’énigmatique» et Goïta «le paria». Et selon certaines sources, le Burkina pourrait avoir son nouveau premier ministre, dès ce soir et son gouvernement dans la semaine. C’est véritablement alors qu’on pourra juger les nouveaux dirigeants du Faso. Eux qui ont pris le pouvoir parce que le pays sécuritairement avait touché le fond, ils sont attendus sur ce chantier prioritaire mais aussi celui de la bonne gouvernance, en faisant rendre gorge, tous ces ripoux à col blanc et à réconcilier les Burkinabè. Il n’y a pas d’école pour être président ; Damiba et les siens cherchent leurs marques et les Burkinabè observent, le temps de grâce est étriqué.
Evidemment, une Transition est là pour mettre une matrice dans laquelle va évoluer ce pays, et sur laquelle, personne ne peut circonvenir. On attend aussi ces valeurs intangibles de la part de cette Transition.
La REDACTION


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