Suspension des sanctions de l’UEMOA par la Cour de justice : Dommage que Goïta refuse d’aller à Accra

Suspension des sanctions de l’UEMOA par la Cour de justice : Dommage que Goïta refuse d’aller à Accra

Me Moustapha Cissé, l’un des conseils de l’Etat malien pavoise un peu, c’est une petite victoire face au rouleau compresseur de l’UEMOA : la Cour de justice de l’UEMOA vient de rendre une ordonnance portant suspension des sanctions adoptées contre le Mali par les chefs d’Etat de cette institution.

Juridiquement, c’est une victoire, car les mesures coercitives de l’UEMOA qui ont fermé tous les circuits économiques et financiers envers le Mali commençaient à faire leur effet : non-ravitaillement de la BCEAO aux banques primaires, raréfaction de liquidités, difficultés pour les transactions entre le Mali et les autres Etats…

C’est la suspension d’une diète financière que vient de prendre la Cour de justice de l’UEMOA, qui, au passage fait un croc-en-jambe aux chefs d’Etat de l’Union. C’est l’aboutissement d’un combat juridique entamé le 15 février 2022 par un regroupement d’avocats qui avaient trouvé ces sanctions datées du 9 janvier contraires aux textes régissant l’UEMOA. Les avocats ont plaidé soit pour l’abrogation, soit la suspension, le second a été accepté, pour le respect du droit communautaire.

Une décision qui devrait précipiter Assimi Goïta à Bamako, car le sommet de la CEDEAO de ce jour 25 mars à Accra, auquel le président de la Transition est convié, est désormais une occasion en or. Oui, Goïta doit faire le déplacement de la capitale ghanéenne, avec cette ordonnance de la Cour de justice de l’UEMOA en main, qui sera son argumentaire et son sauf-conduit, face à tout ce qui lui est reproché.

Hélas, un communiqué du ministère malien des Affaires étrangères informe que le président de la Transition ne sera pas en présentiel à Accra, mais daignera intervenir si on le veut par visioconférence ! Dommage, car il aurait pu y aller et brandir cette ordonnance, qui est déjà une brèche dans la cuirasse des sanctions de ce qu’on appelle pudiquement «le syndicat des chefs d’Etat» de la CEDEAO. C’est vrai que le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, de même que celui de l’Administration, porte-parole du gouvernement, colonel Abdoulaye Maïga feront le déplacement de Bamako, mais c’est différent de Goïta en personne.

Aller aujourd’hui à Accra, ce n’est plus aller à Canossa, mais c’est faire un voyage pour montrer, preuve à l’appui, que le Mali a été victime de sanctions iniques et disproportionnées. Etre là à Accra physiquement, et être à Bamako, via la magie de la technologie est différente.

Enfin, c’est clair, cette ordonnance s’invitera forcément à ce sommet d’Accra de ce jour, et si on ignore ce qu’en feront les chefs d’Etat, c’est sûr qu’ils prennent cette suspension pour au mieux une aberration juridique, au pire, un  crime de lèse-président.

La REDACTION

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