Sommet CEDEAO sur le Mali, la Guinée et le Burkina : Injonctions et jeu de crédibilité

Sommet CEDEAO sur le Mali, la Guinée et le Burkina : Injonctions et jeu de crédibilité

Impossible de ne pas se focaliser sur les dates données par la CEDEAO, même si l’institution sous-régionale est souvent coutumière de ces injonctions calendaires. Le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya se voit intimer l’ordre de dresser un calendrier «acceptable» d’ici le 25 avril. Gouvernement formé en Guinée, CNT installé avec un président contesté à sa tête, car ayant soutenu le 3e mandat d’Alpha Condé, opacité sur les membres de la junte, et surtout flou sur le timing de la Transition. C’est sur ce dernier point que la CEDEAO veut un peu de lumière.

Réponse de la Transition à la CEDEAO au pied levé : seules les préoccupations des Guinéens intéressent les dirigeants, et la Guinée n’a pas d’ordre à recevoir de la CEDEAO.

Pour le Mali, la CEDEAO maintient les sanctions, malgré la décision de la Cour de justice d’y surseoir, et surtout ici aussi de ramener les 4 ans demandés par les dirigeants de 12 à 16 mois. Un peu le statu quo au Mali et en Guinée, les deadlines en plus.

Tandis qu’au Burkina, la CEDEAO se montre toujours assez accommodante en demandant de revoir les 36 mois de transition, mais le ton hausse en ce qui concerne «l’emprisonnement» de Roch Kaboré l’ex-président déchu. Car selon le président du MPP son parti, Bala Sakandé (interpellé brièvement hier 27 mars d’ailleurs par la gendarmerie, auditionné sur des propos lâchés lors d’une conférence de presse),  Roch n’est pas en «résidence surveillée» mais bien en prison. Pour le cas du président déchu, la CEDEAO donne au président Damiba jusqu’au 31 mars pour faire recouvrer la liberté à celui qu’il a fait tomber le 24 janvier 2022.

A ce 5e sommet extraordinaire sur les 3 coups d’Etat de la sous-région, les chefs d’Etat même si on a senti qu’ils sont disposés à revoir les sanctions, et à se montrer bienveillants envers les putschistes, ils ne veulent pas prendre le risque de créer des précédents, et pire de perdre toute crédibilité, par une reculade. La glace n’est donc pas brisée entre Goïta et ses pairs de la CEDEAO.  Le Mali a «résisté» jusqu’à cette décision prise par le juge burkinabè Jérôme Traoré à la Cour de justice de la CEDEAO. Les Maliens trinquent mais gagnent en sympathie et risquent de faire boule de neige. Et Assimi Goïta est aujourd’hui élevé au rang de héros, pour avoir bravé la CEDEAO et la France. Jusqu’à quand avec la paupérisation galopante  des Maliens ?

En Guinée manifestement, «l’énigmatique» Doumbouya pour reprendre le terme de Jeune Afrique, joue la montre, et s’affiche prudent comme un sioux, mais le temps peut être un allié, ou un … adversaire selon, qu’on s’amuse beaucoup avec «l’autre nom de Dieu».

Pour ce qui est du Burkinabè, il serait bien inspiré de profiter toujours de ces répits pour mettre les choses en branle. Car déjà que d’aucuns parlent de deux poids, deux mesures entre le Mali et le Burkina, même si il y a quelques dissemblances, le Burkina vit une situation assez différente. La Transition au Mali a 18 mois, celle du Burkina 2 mois.

Damiba ramènera-t-il les 36 mois à 24 ou 18 mois ? Quelle solution pour le terrorisme qui menace même l’existence du Burkina Faso ?  Une CEDEAO qui joue dur gantée de velours, et des putschistes qui ont compris les règles de la Communauté internationale mais avec des peuples dans l’expectative, ballotés entre terrorisme, exodes, et incertitudes des lendemains.

 La REDACTION

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