Le G5 Sahel, c’est fini ! Depuis le retrait du Mali de l’institution, même si chacun le savait comateux, il se lançait dans des circonlocutions, mais n’imaginait pas qu’il est temps d’entonner le requiem pour ce G5 Sahel. Mais lorsque le décret de sa mort sort de la bouche d’un des chefs du G5 Sahel, en l’occurrence Mohamed Bazoum, c’est que la réalité est bien patente.
Au détour d’une interview accordée au quotidien catholique français La Croix, le chef de l’Etat nigérien a dressé l’autopsie de ce désastre politico-militaire, qui a fini en eau de boudin. «Si le Mali était dans une situation normale (c’est-à-dire s’il n’y avait pas eu les 2 coups d’Etat et l’isolement du Mali) nous serions en mesure de développer notre coopération en relation avec Barkhane», assène-t-il dans ledit entretien. Un Bazoum qui déplore l’impossibilité des FAMa à combattre les katibas de l’Etat islamique au grand Sahara, et dont les postes avancés à la frontière avec le Niger, sont livrés à ces hordes terroristes.
Un diagnostic que Bamako appréciera modérément, et une sortie qui ne manquera pas de faire enfler le qualificatif de «valet de France», savamment entretenu par ses contempteurs. Un Bazoum qui, visiblement, n’a en cure du qu’en dira-t-on, puisqu’il interpelle Emmanuel Macron, pour que «Barkhane soit plus présente, et qu’il y ait plus d’équipements pour les armées du Sahel».
Le chef de l’Etat du Niger pousse le bouchon encore plus loin, en relevant la trop grande précaution des Occidentaux qui confine à une sorte de peur des sacrifices, «hantés par les pertes», dénonçant une pusillanimité de Barkhane et se faisant le porte-voix des populations du Sahel, Bazoum estime que celles-ci ne veulent qu’une présence occidentale, efficace contre le terrorisme.
Le Mali a précipité la disparition du G5-Sahel et inhibé des actions salvatrices qui auraient pu être menées avec Barkhane. Ces paroles iconoclastes dont le président nigérien est coutumier surviennent d’ailleurs quasiment au moment où la France et le Niger ont décidé de commun accord de dédommager les victimes de Téra comme solde de tout compte: compassion des 2 Etats et compensations financières au prorata égal aux victimes. Des évènements de Téra liés justement à cette présence militaire française querellée au Sahel, puisque c’est le blocage d’un convoi de Barkhane dans cette localité nigérienne le 27 novembre 2021 qui avait causé 3 tués et plusieurs blessés, sans que les enquêtes françaises et nigériennes ne puissent situer les responsabilités.
Avocat de Barkhane, croyance en la capacité de la France d’être toujours indispensable au Sahel, et invite à plus d’actions de Barkhane, «arrangement» dans le dossier de Téra … on ne peut pas trouver mieux que le président Bazoum pour mettre les pieds dans le plat de toute la galaxie anti-française, qui tirent à hue et dia pour que tout ce qui est tricolore s’éclipse du Sahel pour laisser la place aux Popov !
Francophone et francophile, Bazoum l’assume, mais au-delà, n’est-ce pas de la realpolitik qu’il prône tout en prenant des risques calculés ? Car si actuellement le Sahel est le terrain de bataille du soft power entre la France et la Russie, c’est aux Sahéliens de savoir où aller et d’assumer.
Qu’on accuse Bazoum «d’être la voix du maître» (France), sa position est au moins claire, tout comme le Mali qui opte pour Wagner au détriment de Barkhane. Dans un Sahel où parler souvent du bien de la France ou de Barkhane, vous vaut de sentir le souffre, et sujet à un bashing médiatique, des activistes sur les réseaux sociaux et des pseudopanafricanistes, Bazoum affiche sa conviction, ce qu’il croit efficient pour combattre l’hydre terroriste. Hélas, une certaine opinion ne veut plus de la France-militaire en Afrique et véritablement, on espère que Bazoum ne prêche pas dans le désert !
La REDACTION


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