La polémique enfle autour du Hadj dont la subvention ou non par le gouvernement suscite des réactions sur la toile. Au lendemain du point de presse du comité du Hadj qui a dévoilé les conditions de participation de cette édition du pèlerinage à la Mecque dont le coût est fixé à 3 047 000 francs CFA, des voix se sont élevées pour demander un apport substantiel des pouvoirs publics (gouvernement) afin d’alléger le poids financier que devront endosser les candidats au cinquième pilier de l’Islam. En réaction à ce qui semble prendre des tournures inappropriées, l’Imam Ismaël Tiendrébéogo du Cercle d’études, de recherche et de formation islamique (CERFI) a fait la présente mise au point. Avant tout propos, l’Imam explique que le Hadj n’est pas obligatoire et obéit à certains préceptes. «Le Hadj n’est obligatoire que pour celui qui en a les moyens. Le Hadj n’est pas prioritaire devant certains besoins. La preuve en est que la Zakat ne finance pas le Hadj», informe-t-il. Dans le même sens, il précise que n’importe quel argent ne permet pas d’avoir un Hadj agréé.
En lien avec la question de la subvention de l’Etat, l’Imam Ismaël Tiendrébeogo estime que pour renforcer la cohésion sociale et la laïcité, obligation est fait à l’Etat d’observer la plus grande transparence dans les appuis budgétaires apportés aux différentes communautés religieuses. En ce sens, il plaide pour la plus stricte équité dans les subventions accordées à toutes les communautés. Et l’Imam de s’interroger sur les éventuelles retombées d’une telle subvention. Que gagne réellement le gouvernement en subventionnant le Hadj ? Y a-t-il en retour des subventions bien plus importantes de certains organismes et États ? Les autres communautés religieuses sont-elles aussi bénéficiaires de subventions dans la gestion de leurs cultes ? Sinon, pourquoi cette injustice dans le traitement des communautés ? Si oui, pourquoi cette injustice consistant à n’en parler que s’il s’agit d’une communauté en particulier ?Pourquoi le gouvernement a-t-il laissé courir pendant un certain temps des informations sur le montant du pèlerinage avant de récupérer l’affaire pour ensuite communiquer de cette façon sur la subvention ? Est-ce un coupe-feu pour taire le bruit qui s’élevait autour de certaines décisions gouvernementales ?


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