La pression se fait de plus en plus forte sur plusieurs axes routiers. Alors que plusieurs convois de ravitaillement de villes sont organisés avec l’appui de l’armée, on assiste depuis quelques temps à des actes de sabotage d’infrastructures routières.
Au cours de la semaine écoulée, ce sont deux ponts tous situés dans la région du Centre-Nord, qui ont été dynamités par les groupes armés terroristes. Il s’agit dans un premier temps, du pont de Naré sur l’axe Kaya-Dori et de celui de Woussé sur l’axe Kongoussi-Bourzanga. Ainsi donc, après la première tentative de destruction du 30 juin, les assaillants sont revenus à la charge avec bien entendu des meilleurs arguments pour leur accomplir leur basse besogne. La conséquence directe de ces «actes de sabotage» est le retour forcé des convois qui tentaient depuis quelques jours de rallier Djibo et Dori pour soulager les populations qui commencent à manquer de denrées.
Ce n’est pas un fait nouveau, courant 2020, plusieurs infrastructures du même type avaient été visées par des hommes armés sans grande réussite. Depuis le début de l’année, les alertes concernant la destruction d’ouvrages reliant les principales villes de la région du Centre-Nord à celle du Sahel, (Kaya à Dori et Kongoussi-Djibo) se sont multipliées. Aujourd’hui, les destructions des deux ouvrages dénotent de la volonté des groupes armés terroristes d’imposer un blocus sur des provinces, en empêchant à tout prix leur ravitaillement en produits de première nécessité. La stratégie n’est pas nouvelle, c’est juste un pas qui vient d’être franchi dans la volonté des Hommes armés non identifiés (HANI) d’isoler et d’asphyxier l’économie mais aussi d’empêcher le déplacement des
Forces de défense et de sécurité (FDS). désormais en plus des engins explosifs improvisés qui ralentissent le mouvement des troupes et des convois, les choses se compliquent pour les nôtres.
Ces actes de destruction viennent corroborer les dernières alertes lancées par l’ONG Promediation qui dans un rapport confidentiel adressé aux autorités burkinabè attirait l’attention sur la nouvelle stratégie des «groupes terroristes consistant à exercer une pression sur les principaux axes routiers du pays». Moins d’une semaine après la publication de ce rapport, les choses sont désormais claires et il convient de saisir le taureau par les cornes en augmentant le niveau de sécurité de certains ouvrages d’envergure nationale dont l’importance n’est plus à démontrer dans la circulation des biens et des personnes. Attendre que l’irréparable se produise avant toute action serait très dommageable.


COMMENTAIRES