Ce n’était le rassemblement des grands jours ni le grabuge que redoutaient plusieurs observateurs. Hier mercredi, la Guinée a de nouveau été soumise à une paralysie générale. A l’appel du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), la capitale Conakry a été dans certains de ses points chauds le théâtre d’affrontements entre Forces de l’ordre et manifestants. Différents quartiers de la banlieue, habituellement grouillants, donnaient l’apparence d’une ville morte. De nombreux commerces et les grands marchés sont restés fermés dans la crainte de violences. Des manifestations ont été signalées en province, mais l’appel du FNDC ne semble pas avoir été suivi massivement.
Par contre Wanidara, Koloma, Axe Bambeto-Hamdalaye, Rue Le prince…, ont une fois de plus connu une ambiance de guérilla urbaine. Malgré la faible mobilisation de ce jour, le bilan reste mortifère. Trois morts par balles enregistrés dans la banlieue de la capitale. Ce sont deux jeunes qui viennent d’être fauchés par les balles. Selon le collectif, les origines des tirs mortels seraient les Forces républicaines chargées de la sécurité du chef de la junte, Mamady Doumbouya dont le cortège traversait ces quartiers de la capitale.
La Guinée renoue donc avec les violences et cet appel à manifester qui intervient une semaine après sa «dissolution» par le ministre de l’Administration du gouvernement de la Transition ne présage rien de bon. Les vieux démons refont surface dans ce pays abonné aux violences où les régimes se succèdent pour que rien ne change positivement. Fer de lance de la contestation contre le régime déchu d’Alpha Condé, le FNDC est devenu depuis quelques mois le poil à gratter de la junte militaire. Fini donc la lune de miel entre les putschistes du 5 septembre 2021 et le FNDC. Désormais, c’est le conflit ouvert et depuis la traque aux leaders de cette organisation libérés par les nouveaux maîtres de Conakry au lendemain de leur coup de force est remis au goût du jour. L’espoir s’est de nouveau envolé pour les Guinéens qui avaient jubilé dans les rues du pays après la chute du Pr Alpha Condé. Les signaux ne sont pas bons et l’inquiétude grandit dans ce pays quand on observe les actions du colonel Doumbouya qui semble stoïque aux sirènes d’une transition politique inclusive. L’ancien légionnaire, n’en a cure. Très confiant de sa force, il a décidé de mater et réprimer toute contestation dans le sang. En optant d’user du bâton, Doumbouya marche sur les traces de ses prédécesseurs et conduit la Guinée vers des lendemains incertains.


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