Nouvelle Transition au Burkina Faso : De Damiba à Traoré quelle dynamique enclenchée ?

Nouvelle Transition au Burkina Faso : De Damiba à Traoré quelle dynamique enclenchée ?

Au pouvoir depuis le dimanche 2 octobre dernier, après avoir conduit le coup de force qui a déposé le lieutenant-colonel Damiba, qu’il a contribué à porter au pouvoir neuf mois plus tôt, le capitaine Ibrahim Traoré, est désormais aux commandes du Burkina Faso. Mercredi 5 octobre 2022, sous le coup de 21 heures, l’Acte fondamental du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a été rendu public. C’est par la voix de celui qui a prononcé le pronunciamiento dans la soirée du vendredi  30 septembre 2022, le capitaine Kiswendsida Farouk Azaria Sorgho que les Burkinabè ont pris connaissance du contenu de cet acte  qui consacre la plénitude des pouvoirs du capitaine Traoré.

Ce document cadre remplace de fait celui qui avait été adopté le 29 janvier 2022, sous le magistère du lieutenant-colonel déchu. A l’opposé du premier Acte qui comportait plus d’une trentaine d’articles (37 exactement), celui dont la teneur a été dévoilée, il y a quarante-huit-heures, dispose de 13 articles et se focalise sur les prérogatives du président du MPSR, version 2. A la lecture des deux documents, aucune grande différence ne transparait. Donc, dans le fond, pas de contradiction entre les membres du MPSR.

A présent que les choses se précisent, et en attendant la rédaction d’une nouvelle Charte de la Transition, suivie de la désignation d’un président de la Transition, le capitaine Traoré jouit des pleins pouvoirs pour imprimer sa vision de la gouvernance. Après la désillusion de son prédécesseur, il incarne l’espoir d’une jeunesse qui a soif d’un changement de paradigme. Sa mission première ; celle de la restauration du territoire national, dont plus de 40% sont sous contrôle terroriste tient lieu de «gageur». Le soutien populaire dont il a bénéficié et qui a été déterminant dans sa prise du pouvoir constitue un ferment pour les batailles qui s’annoncent. A lui de savoir surfer sur cette dynamique pour aller à la reconquête des territoires occupés, en réarmant les troupes de courage et de détermination. Il s’agira pour le capitaine-président (homme de terrain) de raviver le lien sacré entre hommes du rang et le commandement, valeur cardinale de toute armée. Va-t-on poursuivre la réorganisation des Forces armées enclenchée sous l’ère Damiba ? Allons-nous assister à des changements profonds ?

Tout est urgent et comme il l’a si bien dit, «il faut aller vite». Mais au moment où les sirènes russes font feu de tout bois pour faire tomber le Burkina Faso dans son escarcelle, le capitaine Traoré devra prendre le temps nécessaire pour se décider. Va-t-il choisir le juste milieu à travers une diversification conséquente des partenariats dans cette lutte contre le terroriste, ou jouera-t-il la carte radicale en tournant le dos aux partenaires traditionnels du Burkina ?  Nul ne saurait le dire avec exactitude. Mais en qualité de président d’un pays qui se cherche au sens propre comme au figuré, il doit impérativement trouver le remède pour soigner ce grand malade qu’est devenu le pays des hommes intègres.

Davy Richard SEKONE

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