Comme annoncé,
Ouagadougou abritera ces 14 et 15 octobre 2022, les Assises nationales pour l’adoption de
la Charte de la Transition et surtout la désignation d’un président pour conduire le pays
durant cette période. Cette rencontre qui regroupe les Forces vives de la nation burkinabè
composées des représentants des Forces de défense et de sécurité (FDS), des partis
politiques et des Organisations de la société civile (OSC), devra consacrer l’adoption des
nouveaux textes devant encadrer le deuxième épisode de la transition entamée , huit mois
plus tôt et brutalement stoppée le 30 septembre dernier et la désignation du nouveau
président de la Transition. Et c’est surtout le deuxième acte de ce conclave qui retient les
attentions et déchainent les passions. Si pour les uns, favorables à la confirmation du
capitaine Ibrahim Traoré, tombeur du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, ces
Assises constituent une perte de temps et un vernissage politique, les autres penchent en
faveur de la désignation d’un civil pour diriger le Burkina Faso durant cette période
charnière. Comme ce fut le cas en 2015. A ces deux tendances, vient se greffer celle qui
milite pour l’annulation de cette rencontre et au maintien du jeune capitaine pour la suite
de la période transitoire. Pour cette dernière, il s’agit d’éviter les précédents bricolages
législatifs et entorses constitutionnelles. Moins la Charte, c’est plus le visage de celui qui se
verra confier les rênes du pouvoir qui intéresse les Burkinabè. D’ores et déjà, la rue gronde
contre toute confiscation du pouvoir des mains du jeune capitaine qui a évincé Damiba.
Cette vague de soutien populaire qui a fortement pesé en faveur des putschistes n’est
toujours pas retombée. Et depuis la nuit fatidique du 1er octobre 2022, qui a vu des milliers
de Burkinabè prendre d’assaut les rues pour adouber le capitaine Traoré et ses hommes, elle
prend de l’ampleur et pourrait une fois de plus faire la différence dans le choix du président
de la Transition. A l’analyse, deux options pourraient prospérer, celle de la désignation d’un
civil, susceptible de faire l’unanimité autour de sa personne et celle qui consistera à
confirmer le capitaine Traoré qui tient la corde et part avec les faveurs d’une bonne frange
des Burkinabè.


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