Sa parole était attendue à ce grand raout sur le climat. Et il n’a pas manqué l’occasion. Le président sénégalais et président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall n’est pas allé du dos de la cuillère face au non-respect des engagements financiers pour l’Afrique à l’ouverture du sommet de Charm El –Cheick. Il n’est plus question pour l’Afrique d’attendre les engagements financiers pris depuis 2020 par la communauté internationale pour permettre au continent de jouer pleinement son rôle dans la lutte contre les changements climatiques.
C’est ce qu’a fait savoir le chef de l’Etat sénégalais. D’un ton sévère, il ira même jusqu’à brandir la menace d’un retour au charbon. «Nous aurions pu aller vers des solutions comme le charbon, ce qui est aujourd’hui en cours dans la plupart des pays industrialisés depuis la guerre en Ukraine. Si l’argent n’est pas là, nous allons recourir aux mêmes sources énergétiques pour les aspirations du développement de l’Afrique», a-t-il estimé. «Nous avons plus de 600 millions d’Africains qui n’ont pas encore accès à l’électricité. Allez dire à ces populations : attendez que la transition énergétique soit faite», a argumenté le président sénégalais, pointant le non-respect des rendez-vous pour les financements promis.
Plus qu’un rappel des conclusions du sommet de la COP de Paris, Macky Sall, du haut de sa présidence de l’UA est venu taper du poing sur la table. Les 100 milliards de dollars promis chaque an jusqu’en 2030 et dont les écots se font attendre. Mais aussi, les besoins actuels qui sont de l’ordre de 300 milliards de dollars/an. Après ce discours, les choses semblent désormais claires. Plus question de louvoyer. Et il le dit si bien dans ce passage : «Le moment est venu de mettre sur la table la responsabilité de chacun et qu’elle en ait une conscience collective mondiale. Soit, nous sauvons la planète, soit elle disparaît avec nous». Aujourd’hui 8 novembre, se tient d’ailleurs un sommet de l’UA dans cette cité balnéaire, à l’initiative du même Macky Sall. L’urgence commande que le continent parle d’une seule et même voix avec en chœur et il entend montrer la voie. Il s’agira ainsi pour l’Afrique, à travers la Cop27 de convaincre la communauté internationale pour qu’elle presse le pas.
C’est connu, cette COP 27 sera africaine si elle débouche sur des conclusions fermes adaptées aux réalités du continent. Car même s’il est bien de réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est encore mieux que l’Afrique ait un plan d’adaptation. A l’image de l’Afrique du Sud qui est en passe de tourner le dos au charbon, en échange d’une aide conséquente, il faut une contrepartie à ces sacrifices consentis pour «sauver ce qui peut l’être encore sur cette planète». Loin d’une requête et d’être une aumône, il s’agit d’une exigence pour ceux qui par leurs actions ont fortement contribué à ce «réchauffement climatique» qui frappe sans distinction le monde.
Depuis Paris en passant par Glasgow, l’Afrique touchée par cette dégradation climatique attend son dû. Les grands pollueurs viennent ou ne viennent pas, mais promettent avec des conditionnalités, mais il y a toujours une dette climatique qui pend. Et tôt ou tard, il faudrait l’éponger.
Davy Richard SEKONE


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