Tradition respectée au Sénégal ! A la veille de chaque fête de l’indépendance, le président s’adresse de façon solennelle à ses compatriotes. Hier 3 avril, Macky Sall a satisfait à cet usage républicain en prononçant un discours d’un peu moins de 20 minutes.
Dans ce pays musulman à 80-90%, la coïncidence de cette commémoration avec le mois de jeûne mois béni, est de bon augure selon Macky Sall qui a salué l’attachement des Sénégalais aux valeurs ancestrales, du vivre-ensemble et de l’acceptation de la différence. Résistants, anciens combattants et héros divers, ont une place au panthéon dans le cœur du président qui leur a rendu un vibrant hommage. C’est un «exercice mémoriel», a lâché le chef de l’Etat, qui a fait une halte sur les militaires et sur la jeunesse :
Aux premiers, il a salué leur engagement dans un Sahel marqué par le terrorisme pour un maillage du territoire, l’étoffement du métier pour que le Sénégal sécurise son Etat et les citoyens.
Et cette sécurité profite à la préservation des ressources naturelles, clin d’œil aux futures exploitations gazières et pétrolières qui offriront des perspectives aux jeunes. C’est d’ailleurs le thème général de cette commémoration.
La jeunesse qui sera à l’honneur avec les militaires aujourd’hui 4 avril 2023 à la Place la Nation, est au cœur des préoccupations présidentielles, à en croire Macky Sall qui a dit «mesurer les ambitions et les rêves des jeunes». Pour lui, au-delà des connaissances livresques, il faut allier éducation et profession.
Mention spéciale aux 32 500 jeunes agents qui sont en train de réaliser le 5e Recensement de la population. Cartographie électorale de la prochaine présidentielle ? Macky Sall ne le dit pas, tout comme, pas un mot sur le 3e mandat que d’aucuns espèrent qu’il en parle. Mais et la présidentielle et le 3e mandat, et les actions de l’opposition étaient prégnants.
Sans doute aussi, il faut comprendre que le discours en pareille occasion n’est pas le lieu indiqué pour fendre l’armure sur sa 3e candidature ou non. Et aussi comme lui-même l’a souvent dit, le «débat est plié juridiquement», dixit interview dans le journal L’Express, «plié» dans le sens qu’avec la nouvelle Constitution, le premier mandat (le septennat) ne compte pas et donc, il n’a fait qu’un seul bail (quinquennat) donc les compteurs peuvent être remis à zéro. Il s’était prononcé, mais sa position peut évoluer, ajoutera-t-il encore en substance dans le même Express.
Enfin, comme le sérine la galaxie «makyste» une candidature est une affaire personnelle, et il n’est pas question de céder aux injonctions de l’opposition. A cette opposition, aucun mot, même s’il s’est adressé à elle de façon subtile pour ne pas dire subliminale en disant que le Sénégal est «un et indivisible».
Une façon de signifier à Ousmane Sonko, et à l’opposition en général que la prochaine présidentielle ne sera pas un terrain propice pour semer la zizanie et installer la chienlit. Allusion sans doute aux comparutions de Sonko, qui ont donné lieu à des défiances aux forces de l’ordre, à l’Etat, et une mise à rude épreuve du vivre-ensemble.
En évoquant «l’Etat de droit et les institutions républicaines», Macky Sall pense sans doute à faire savoir que force doit rester à la Loi, et que les Institutions priment sur les hommes ! Bref, ce fut un discours policé, soft mais plein de lourds sens, derrière le dit, il faut décortiquer le tu. L’opposition a-t-elle saisi ? Peut-être, mais cela n’épouse pas sa logique.
La REDACTION


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