Le communiqué final de la 63e conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO a accouché de quelques décisions très importantes. Naturellement, la lutte contre le terrorisme, la performance économique, la monnaie unique… sont des sujets qui ont été discutés lors du huis clos. Et la volonté de mettre sur pied, la Force-CEDEAO (FAC) est à féliciter.
Comment mettre en place une force made in CEDEAO pour remplacer Barkhane, la MINUSMA et autres Takuba dans ce Sahel en ébullition guerrière ? En tout cas, un mémorandum sur l’opérationnalisation de cette force en attente de la CEDEAO (FAC) pour lutter contre le terrorisme a été ébauché avec un total de 5 000 hommes, et une invite à l’activation de cette force qui a trop attendu. On a évoqué aussi Wagner, au Mali aux côtés des FAMa, un Wagner devenu doublement hors-jeu en Afrique depuis la mutinerie du 23 juin 2023. L’embellie s’est dessinée pour le Mali lors du sommet des chefs d’Etat de l’UEMOA qui se tenait en marge de celui de la CEDEAO : la suspension de ce pays décrétée le 9 janvier 2022 a été levée.
Au niveau de la démocratie, la paix et la sécurité, on ne peut que s’attarder sur les chronogrammes des 3 Transitions au Burkina, au Mali et en Guinée. Si la CEDEAO est mécontente du peu d’empressement de ces pays à recevoir les médiateurs attitrés, la Guinée a même renvoyé le sien, les chefs d’Etat notent une volonté d’aller vers un retour à des normes constitutionnelles dans les délais impartis.
Au Mali-Burkina et en Guinée, des militaires mènent la danse politique, avec une particularité pour les 2 premiers, en proie à un terrorisme très meurtrier, malgré des victoires grappillées par-ci et là.
La CEDEAO a été surtout regardante (effet UEMOA sans doute) sur l’agenda de ces 3 transitions kakies, et apparemment, l’inflexion amorcée et adoptée depuis quelques temps se poursuit. Si la CEDEAO a observé une certaine retenue, ressemblant à une tolérance ces derniers temps (avait-elle le choix ?) c’est que ceux qui ont pris le pouvoir par les baïonnettes semblent tracer les sillons d’un retour à une vie constitutionnelle normale, même si quelquefois, la vague impression qu’on n’avance pas se fait jour. Respect du timing des transitions au Burkina et au Mali avec un processus transparent et une collaboration avec médiateurs et experts. Bref, le sextant des chefs d’Etat cale sur le respect des timings transitionnels. En Guinée, c’est l’absence de dialogue avec les acteurs politiques, qui a été déplorée et une invite à la corriger de façon inclusive…
Le nouveau président en exercice de la CEDEAO, le «bleu» Bola Ahmed Tinubu, sitôt élu au Nigeria, et dont c’est la première participation, remplace Embalo Sissoco et prend donc la tête de l’organisation. Chacun savait la sainte horreur que tenait son prédécesseur Buhari à l’égard des juntes, lui-même étant un ancien putschiste. Bola hérite d’une CEDEAO qui veut en même temps poser des actes, être en osmose avec les peuples. Il a le dossier de la mise en branle de la force en attente de la CEDEAO, une force qui doit forcément être active et il a aussi en face 3 militaires qui dirigent 3 pays du Sahel. On sait le poids que pèse le Nigeria au sein de la CEDEAO.
Selon plusieurs sources, lors de l’aparté, Bola a affirmé tolérance zéro pour les putschistes. Il épouse les contours de son devancier, même s’il est impossible qu’il mette de l’eau dans son «Gnamakougui» !
Mais en même temps, que la CEDEAO guerroie contre les putschistes militaires, il va falloir qu’il légifère aussi sur les tripatouillages indécrottables de Lois fondamentales. Si Macky Sall a été félicité par ses pairs pour y avoir renoncé, ces pantalonnades sont loin d’avoir vécu. Il suffit d’un rien qu’un président se sente indispensable. Voilà au Gabon, ABO qui veut son «3e mandat» malgré que visiblement son état physique ne le lui permet pas et après 55 ans de Bongoïsme. C’est vrai que ce pays ne fait pas partie de la CEDEAO. Mais le phénomène rivalise avec les coups d’Etat militaires.
Pour le Burkina, le délai, quoique dynamique, est dans un an pour les élections, pour le Mali aussi et enfin, pour la Guinée en 2025. Ce point tient à cœur la CEDEAO, et Bola ne pourra que s’y … tenir aussi !
La REDACTION


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