L’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB), a tenu son 31e congrès ordinaire les 7, 8, 9, 10 et 11 août 2023 à Ouagadougou. Cette rencontre a été l’occasion pour les militants venus des quatre coins du Burkina, de se pencher sur la situation nationale et aussi sur la crise éducative que traverse les écoles et universités du pays. Pour ce qui est de la situation nationale, les congressistes ont pointé du doigt l’instabilité politique qui selon eux, s’est davantage exacerbée depuis l’avènement au pouvoir des fractions putschistes selon leur terme, réunies au sein du MPSR I et II. Si on s’en tient à leurs propos, la gestion actuelle du pouvoir est caractérisée par une tendance à l’apologie du putschisme, présentée comme la voie royale pour la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat. Selon le président de l’UGEB, Fousséni Sourabié, «à l’image de ses prédécesseurs, le MPSR II affiche une réelle volonté de contrôle de l’information et des opinions». L’accusant de vouloir remettre en cause les libertés démocratiques, il estime qu’il s’agit de tentatives désespérées, qui n’ont pour objectif que de masquer les problèmes fondamentaux du peuple burkinabè, en instaurant la peur, le silence, la résignation et le suivisme au sein des masses populaires au moyen de la répression de toutes les voix discordantes.
S’agissant de l’école burkinabè, les congressistes ont relevé qu’elle est plongée dans une crise structurelle sans précédent depuis l’application du Programme d’ajustement structurel (PAS). Cette situation selon Fousséni Sourabié, s’est aggravée avec la crise sécuritaire avec un quart des structures éducatives, qui se retrouverait fermer à la date du 31 mars 2023, privant 1 089 732 enfants du droit à l’éducation. De son analyse, cette situation vient aggraver la faillite générale du système éducatif national mis à mal par les différentes réformes suicidaires entreprises au cours des 30 dernières années. Au supérieur d’après ses déclarations, la crise s’enlise d’année en année et se caractérise par des années académiques sans tête ni queue avec différentes promotions qui s’enchevêtrent, des taux d’échec de plus en plus élevés, etc. En plus du retard académique, le président de l’UGEB a rappelé les autres maux qui minent l’école supérieure au pays des Hommes intègres. C’est donc conscient que beaucoup reste à faire, qu’il a appelé l’ensemble des étudiants burkinabè à se mobiliser pour préserver et renforcer l’UGEB et ses sections afin qu’elles puissent défendre leurs droits démocratiques et sociaux.


COMMENTAIRES