Déflorée par de nombreux médias et confirmée par plusieurs sources, l’arrestation le 1er décembre de 4 fonctionnaires français, dotés de passeports diplomatiques et de visas en bonne et due forme, cette arrestation n’arrange pas des relations France-Burkina au plus bas de l’encéphalogramme diplomatico-militaire.
Présentés comme des «techniciens» avec un profil «informatique», ils seraient venus pour des problèmes de maintenance à l’ambassade. A l’évidence, pour Ouagadougou, ce sont des «barbouzes», c’est-à-dire des «espions» et un média international leur colle même l’étiquette d’agents de la DGSE, les services extérieurs français. Plusieurs autres sources démentent ces accusations. Mis en examen, ils ont été embastillés à la MACO.
Si cela ne relevait pas de la sûreté de l’Etat et ne touchait pas les relations Burkina-France, on aurait pu dire que les héritiers de Gérard de Villiers pourraient concocter un SAS, le second sur le Burkina, après «putsch à Ouaga» paru dans les années 80.
Mais, il s’agit d’affaire sérieuse, puisque, le regain de tension, c’en est une, coupe désormais court, au mince fil qui maintenait encore des relations polaires entre les 2 pays.
En effet, malgré le départ de l’opération Sabre, de l’ambassadeur français, de la dénonciation des Accords militaires, bref, malgré des rapports exécrables, les «Big Brother» des 2 pays continuaient une collaboration, en sous-main. C’est désormais terminé, puisqu’on apprend que 12 autres fonctionnaires français auraient regagné le pays, suite à cette affaire gravissime.
La seule note optimale, est que le Togo manœuvre à faire libérer les 4 fonctionnaires emprisonnés à Ouagadougou. Discrètement, le président Faure Gnassingbé, qui, de plus en plus, se moule dans son costume de médiateur s’investit dans la résolution des crises entre pays. On l’a vu avec les 42 militaires ivoiriens au Mali.
Actuellement, il est sur la brèche avec ses homologues du Bénin et de la Sierra Léone sur le cas nigérien, mandatés par la CEDEAO au dernier sommet d’Abuja le 10 décembre dernier. Sans qu’on ne sache à l’état actuel ce qu’il en est réellement. Si oui ou non, les 4 mis en cause bénéficieront rapidement d’une levée d’écrou.
La rédaction

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