Procès en appel de l’affaire Dabilgou : L’ancien ministre émet des doutes sur certains messages WhatsApp

Procès en appel de l’affaire Dabilgou : L’ancien ministre émet des doutes sur certains messages WhatsApp

Hier mardi 23 juillet 2024, à la Cour d’Appel de Ouagadougou, l’ancien ministre des Transports, Vincent Dabilgou était à la barre dans le cadre de son procès en appel.  Condamné en première instance, à 11 ans de prison dont 7 fermes, Vincent Dabilgou a interjeté appel pour casser la première décision. Pour lancer le débat, c’est son avocat qui prend la parole pour justifier l’appel qu’a interjeté son client. Selon l’avocat, appel a été interjeté parce que le verdict rendu en première instance n’était pas convainquant. Pour lui, son client Vincent Dabilgou a été condamné pour enrichissement illicite alors qu’il n’a pas été poursuivi pour ce chef d’accusation. «Le juge nous dit que ces détournements ne peuvent pas se passer sans l’accord du ministre Dabilgou. Nous ne sommes pas d’accord avec cette manière de tirer les conclusions. A ces accusations, nous répondons que Dabilgou a déclaré qu’en tant que ministre, il n’intervenait pas dans la gestion des sociétés d’État. Et donc sa responsabilité ne serait pas engagée», a-t-il soutenu.

 

Réagissant à cette intervention, le procureur a précisé que la preuve en justice, n’est pas forcément écrite. «Il ne s’agit pas d’apporter forcément une preuve par écrit. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit M. Dabilgou. Parce que vous voulez nous faire croire que sans preuve écrite, il n’y a rien contre vous. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il y a bien d’autres preuves matérielles», a lancé le ministère public au prévenu. Il ajoutera que dans ce ministère (ministère des Transports, ndlr), il fallait être un militant ou un sympathisant du Nouveau temps pour la démocratie (NTD) pour occuper une certaine responsabilité. Tout cela, pour permettre d’engager les dépenses au profit du NTD. Il a indiqué que les 12 Directeurs régionaux des transports (DRT) qui ont signé les bordereaux de carburant étaient des militants du parti politique et nommés par Vincent Dabilgou. Et pour le parquet, Vincent Dabilgou se trompe s’il croit que dès lors qu’il n’y a pas de preuve écrite, on ne peut pas engager sa responsabilité.

 

Après ces observations du ministère public, Vincent Dabilgou, s’est défendu qu’il ne savait pas que les DRT avaient signé des bordereaux. Il a même avancé que Jean-Gabriel Séré n’était pas un militant du parti avant sa nomination comme DAF. D’ailleurs, qu’il a été recommandé par deux amis. Vincent Dabilgou a également remis en cause l’authenticité de ses conversations téléphoniques sur WhatsApp avec un prestataire pour la livraison de motos. Les conversations ont été tirées de l’expertise judiciaire effectuée sur le téléphone du prestataire. Vincent Dabilgou a demandé une autre confrontation avec les téléphones. Il a reconnu cependant que le numéro est bien de lui. Voici ce que disaient ces messages :

 

Prestataire : Bonsoir excellence. C’est le jeune qui vous avait livré les motos pendant la campagne. Je vous livre les mêmes modèles ?

 

Numéro enregistrer Vincent Dabilgou : Oui.

 

Dans la suite, le ministre Dabilgou a reconnu avoir payé 75 motos avec une société de vente, plus une autre commande de 25 motos livrées au siège du NTD. Mais pas avec le nommé dans le message plus haut.

 

Rappelons que l’ex-ministre en charge des Transports, Vincent Dabilgou, est poursuivi pour plusieurs faits, dont les faits de «détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et financement occulte de parti politique…».

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